Le DEJEPS judo est le diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport, spécialité perfectionnement sportif, mention judo-jujitsu. De niveau 5 (bac+2), il forme les entraîneurs et les directeurs techniques de club. Pour y entrer, il faut notamment démontrer un niveau technique de 2e dan, justifier d'au moins 300 heures d'enseignement du judo-jujitsu sur les trois dernières années et détenir le PSC1.
À qui s'adresse le DEJEPS judo-jujitsu
Ce diplôme ne sert pas à apprendre à enseigner. Il suppose qu'on sait déjà le faire. Il s'adresse au professeur qui a quelques saisons derrière lui et qui veut passer à autre chose : entraîner des compétiteurs, construire le projet sportif d'un club, encadrer une équipe d'enseignants, former les futurs moniteurs.
C'est souvent le diplôme de la deuxième partie de carrière. On le voit chez des professeurs titulaires d'un BPJEPS ou d'un ancien brevet d'État, chez d'anciens compétiteurs de bon niveau qui enseignent depuis plusieurs années, et chez des cadres de ligue.
Les exigences préalables
Avant l'entrée en formation, le candidat passe des exigences préalables. La fiche officielle du diplôme en fixe le contenu.
| Exigence | Ce qu'il faut fournir ou démontrer |
|---|---|
| Secourisme | PSC1 ou un équivalent (PSE 1, PSE 2, AFGSU…) |
| Expérience | Au moins 300 heures d'enseignement du judo-jujitsu sur les trois dernières années |
| Niveau technique | Maîtrise technique d'un niveau 2e dan |
| Pédagogie | Aptitude à conduire une séance de perfectionnement technique |
Le niveau 2e dan se démontre sur le tatami : le grade inscrit sur le passeport ne suffit pas. Attendez-vous à une démonstration debout et au sol, avec des enchaînements, des contre-prises et des explications. Les kata comptent : un candidat qui maîtrise mal le nage-no-kata part avec un handicap.
La séance pédagogique est le vrai filtre. On vous demande de conduire une séance de perfectionnement face à des judokas confirmés, pas un cours de débutants. Il faut savoir corriger un détail de placement de hanche ou de kumikata chez un compétiteur, et justifier ses choix devant le jury.
Les ligues et organismes de formation ajoutent leurs propres conditions administratives (âge, certificat médical, dossier de motivation). Lisez le dossier de la session qui vous intéresse.
Préparer les exigences préalables sur une saison
Les candidats qui échouent aux exigences préalables le font rarement sur la technique pure. Ils échouent parce qu'ils ont préparé la démonstration la veille, ou parce qu'ils n'ont jamais conduit de séance devant des judokas plus gradés qu'eux.
Un plan simple, à démarrer un an avant :
- de septembre à décembre, reprenez vos kata avec un partenaire régulier et filmez-vous une fois par mois ;
- à partir de janvier, demandez à votre ligue ou à un club voisin d'animer quelques séances pour des groupes de compétiteurs ;
- au printemps, faites relire votre attestation d'heures et votre dossier par un titulaire du diplôme.
Travaillez aussi votre discours. Le jury veut entendre pourquoi vous corrigez tel détail chez tel judoka, pas une liste de consignes apprises par cœur.
Ce que l'on apprend en formation
La formation se fait en alternance entre un organisme habilité et une structure d'accueil, le plus souvent un club ou une ligue. Les activités visées par le diplôme se regroupent en quatre axes :
- Participer à la conception du projet d'un club de judo et à sa direction.
- Coordonner une équipe de bénévoles et de professionnels.
- Conduire l'enseignement et l'entraînement en perfectionnement sportif.
- Encadrer en garantissant la sécurité des pratiquants et des tiers.
Concrètement, on travaille la planification d'une saison de compétiteurs et l'analyse de la performance. La préparation physique adaptée au judo, la gestion de projet associatif et la formation d'autres cadres complètent le programme. La planification d'une saison de judo devient un exercice central : passer de « je prépare mon cours de mardi » à « je construis dix mois pour un groupe de cadets ».
Les débouchés
La fiche du diplôme cite deux familles d'emploi.
Directeur technique de club. Dans un club de taille moyenne ou grande, il coordonne les professeurs, construit les groupes de niveau, pilote la filière compétition et le lien avec la ligue. Il enseigne encore, mais il passe une part croissante de son temps à organiser.
Formateur dans une ligue ou un comité départemental. Il intervient dans les formations fédérales et professionnelles, comme le CQP judo, et dans l'équipe technique régionale ou départementale.
Dans les deux cas, le quotidien change de nature. On passe moins de temps à corriger un placement de pied et davantage à construire des plannings, à réunir des enseignants, à rédiger des projets pour obtenir des créneaux ou des subventions. Certains adorent, d'autres regrettent le tatami au bout de deux saisons. Posez-vous honnêtement la question avant de vous engager.
On trouve aussi des titulaires du DEJEPS comme entraîneurs dans des structures d'accès au haut niveau, ou comme professeurs qui ont simplement voulu approfondir leur métier.
DEJEPS, BPJEPS, DESJEPS : où se situer
Le BPJEPS forme le professeur de club. Le DEJEPS forme l'entraîneur et le coordinateur. Le DESJEPS, de niveau 6, vise la performance et la direction de projets ambitieux, avec un niveau technique de 3e dan et 450 heures d'encadrement exigés. Le parcours complet est décrit dans le guide pour devenir professeur de judo.
Notre avis : ne passez pas le DEJEPS pour la ligne sur le CV. Passez-le quand vous sentez que vos cours plafonnent, que vous voulez suivre des athlètes sur plusieurs saisons et que vous êtes prêt à passer autant de temps devant un tableur que sur le tatami. Commencez dès maintenant à garder une trace écrite de vos heures d'enseignement, saison par saison, avec l'attestation du président de club : c'est la pièce qui manque le plus souvent dans les dossiers.