Le CQP judo est le nom courant du certificat de qualification professionnelle « moniteur d'arts martiaux », option judo. C'est le diplôme professionnel le plus court pour enseigner le judo contre rémunération : il exige la ceinture noire 1er dan et une attestation de premiers secours à l'entrée, et il autorise à enseigner en autonomie, des débutants jusqu'à la préparation de la ceinture noire, dans la limite d'un volume horaire réduit.
Un diplôme de branche, pas un diplôme d'État
Le CQP n'est pas délivré par le ministère des Sports comme le BPJEPS ou le DEJEPS. Il est créé par la branche professionnelle du sport, qui réunit employeurs et salariés, et il est inscrit au répertoire national des certifications au niveau 3. Il figure dans le Code du sport parmi les qualifications qui permettent d'obtenir la carte professionnelle d'éducateur sportif.
Un seul et même CQP couvre plusieurs arts martiaux, chacun sous forme d'option. Le judo en fait partie, aux côtés du karaté, du taekwondo, de l'aïkido ou du jiu-jitsu brésilien. En judo, la formation est organisée par les ligues régionales de la FFJDA.
La fiche officielle a été renouvelée récemment. Si vous lisez un ancien dossier d'inscription, certaines conditions peuvent avoir changé.
Les prérequis pour entrer en formation
Les conditions de la fiche en vigueur, pour l'option judo, sont les suivantes :
- Justifier du 1er dan de judo (diplôme ou attestation de grade).
- Être titulaire d'une attestation de premiers secours, le PSC1 ou un équivalent.
- Fournir un certificat médical de non-contre-indication.
L'ancienne version du référentiel fixait un âge minimum de 16 ans à l'entrée et 18 ans à la certification, et demandait le 2e dan pour être certifié en judo. Ces points ne figurent plus de la même façon sur la fiche actuelle. Votre ligue vous dira ce qui s'applique à votre session : ne vous fiez pas aux forums sur ce sujet.
S'y ajoutent souvent des tests de positionnement organisés par la ligue : démonstration technique, parfois un entretien de motivation.
Ce que contient la formation
Le diplôme est découpé en trois blocs de compétences :
- concevoir un projet d'enseignement adapté au public et à l'option choisie ;
- mettre en œuvre ce projet en sécurité, c'est-à-dire conduire des séances ;
- participer au fonctionnement de la structure (vie du club, relations avec les familles, organisation).
En pratique, on alterne des regroupements en ligue et un stage en club auprès d'un tuteur diplômé. Les regroupements couvrent la pédagogie, la technique, la réglementation et la sécurité. À titre d'exemple, une ligue annonce une formation d'environ 160 heures plus un stage en club, mais les volumes varient d'une région à l'autre.
Le contenu technique est exigeant. Il ne suffit pas de savoir faire un uchi-mata en randori : il faut savoir l'expliquer à un enfant de 8 ans, le décomposer, repérer l'erreur et la corriger. C'est un autre métier que celui de compétiteur.
Le stage en club, la partie qui forme le plus
Les regroupements donnent le cadre. Le stage, lui, vous met devant un groupe réel, et c'est là que la plupart des stagiaires progressent vraiment.
Choisissez votre tuteur avec soin. Un bon tuteur vous confie une partie du cours dès les premières semaines, puis un cours entier, puis un groupe sur plusieurs séances pour que vous puissiez construire une progression. Il vous regarde faire et vous dit ensuite ce qui n'a pas marché. Un tuteur qui vous laisse seulement l'échauffement pendant toute la saison ne vous rend pas service.
Prenez des notes après chaque séance : ce que vous aviez prévu, ce qui s'est réellement passé, combien de temps a pris chaque partie. Au bout de quelques semaines, vous verrez vos erreurs récurrentes. La plus fréquente chez les jeunes moniteurs : parler trop longtemps. Un enfant décroche au-delà d'une minute d'explication, un adulte au-delà de deux.
Variez aussi les publics pendant le stage si votre club le permet. Les petits, les adolescents et les adultes loisir ne se gèrent pas de la même manière, et le CQP vous autorise à encadrer les trois.
Ce que le CQP permet, et ce qu'il ne permet pas
| Le titulaire peut | Le titulaire ne peut pas |
|---|---|
| Enseigner contre rémunération, en autonomie | Dépasser le volume horaire annuel prévu |
| Encadrer tout public, enfants comme adultes | Intervenir sur le temps scolaire obligatoire |
| Faire progresser des débutants jusqu'à la ceinture noire | Assurer un temps plein d'enseignement |
| Préparer des candidats au 1er dan |
Selon les ligues, le titulaire peut délivrer les grades de couleur jusqu'à la ceinture marron dans son club. La préparation au passage de la ceinture noire fait partie de ses missions, mais l'examen lui-même reste organisé par la fédération.
La limite d'heures est la vraie contrainte. Le CQP est conçu pour une activité à temps partiel. Si votre club veut vous embaucher à temps plein, il vous faudra un BPJEPS ou un diplôme supérieur.
CQP ou BPJEPS ?
Le choix dépend de votre projet, pas de votre niveau de judo.
Prenez le CQP si le judo reste un complément : vous avez un autre métier, des études, et vous voulez donner quelques cours rémunérés par semaine dans votre club. La formation est plus courte et plus compatible avec un emploi.
Si vous voulez en vivre, visez directement le BPJEPS. Le CQP n'est pas une étape obligatoire, et faire les deux à la suite coûte du temps. Les différentes filières sont comparées dans le guide pour devenir professeur de judo, et le niveau au-dessus dans l'article sur le DEJEPS judo.
Avant de s'inscrire
Notre conseil : avant de payer quoi que ce soit, passez une saison à aider votre professeur dans ses cours enfants. Si vous ne l'avez jamais fait, vous découvrirez que gérer 20 enfants de 6 ans sur un tatami demande d'autres qualités que de gagner un tournoi. Les repères de base sont dans animer un cours de judo pour enfants. Si après ça vous avez toujours envie, le CQP est fait pour vous.