Le passage de grade en judo vers la ceinture noire se fait par quatre unités de valeur, ou UV, délivrées par la commission des grades de la fédération : le kata, la technique, l'efficacité en compétition et l'engagement personnel. On peut les passer dans l'ordre de son choix, à condition de valider le kata avant les tests de compétition. Le contenu ci-dessous suit les textes officiels des dernières saisons ; vérifiez toujours la version en vigueur auprès de votre comité.
L'examen de ceinture noire, une affaire de fédération
Les ceintures de couleur se jouent au club. Le 1er dan relève de la Commission spécialisée des dan et grades équivalents (CSDGE), qui fixe le règlement. Les commissions régionales et départementales organisent les sessions. Les jurys sont composés de hauts gradés formés à cet effet, qui jugent sur un référentiel commun.
Deux conditions encadrent l'homologation : au moins un an de ceinture marron et un âge minimum de 15 ans révolus selon les textes récents. Deux voies existent. La dominante compétition est celle de la plupart des jeunes. La dominante technique est réservée aux candidats plus âgés, avec un seuil de naissance fixé chaque saison.
UV1 : le kata
En dominante compétition, le candidat présente les trois premières séries du nage-no-kata dans le rôle de tori, puis tout ou partie de ces séries dans le rôle d'uke. Soit les techniques de bras, de hanche et de jambe, à droite et à gauche.
Dans la voie à dominante technique, il présente en entier le nage-no-kata ou le kodokan-goshin-jitsu.
Le jury ne se contente pas de compter les fautes. Il juge l'ensemble : la sincérité des attaques d'uke, la qualité des chutes, l'efficacité du déséquilibre, le respect du cérémonial et de l'ordre des techniques. Deux partenaires qui se connaissent par cœur passent mieux que deux bons judokas qui ont répété trois fois. Le choix du partenaire relève du candidat, et c'est la première décision à prendre. Pour comprendre la logique de l'exercice, notre page sur les kata en judo aide à démarrer.
UV2 : la technique
On démontre douze techniques tirées d'une liste officielle :
- six en nage-waza, imposées par le jury pour couvrir les quatre familles (hanche, bras, jambe et sacrifice) ;
- quatre en ne-waza, couvrant immobilisations, étranglements et clés ;
- deux techniques de défense, choisies par le candidat parmi des situations d'agression imposées.
Les projections se montrent en déplacement. Le sol se démontre en situation d'étude, à partir d'un retournement ou d'un partenaire à quatre pattes. Le règlement tolère une méconnaissance par domaine. Deux techniques ratées dans le même domaine, et l'UV est refusée. L'épreuve dure environ cinq minutes et ne se fractionne pas.
En dominante technique s'ajoutent des séquences d'uchi-komi en avançant et en reculant, et des exercices d'application de type kakari-geiko ou yaku-soku-geiko.
Ce qui coûte le plus souvent un refus : des techniques de nage-waza projetées sans déséquilibre, et des sacrifices que le candidat n'avait jamais travaillés. Révisez toute la liste, y compris les techniques que vous ne placez jamais en randori.
UV3 : l'efficacité
C'est l'épreuve des points. En dominante compétition, selon les textes récents, le candidat doit justifier :
- soit, sur une même manifestation, de cinq victoires consécutives par ippon ou waza-ari totalisant au moins 44 points ;
- soit de 100 points cumulés sur plusieurs compétitions.
Une victoire par ippon rapporte 10 points, par waza-ari 7 points. Les points marqués au golden score comptent, les pénalités non. Les détails sur la valeur des scores se trouvent dans les règles d'arbitrage : ippon, waza-ari, shido.
Ces points se gagnent lors des tests organisés pour les grades, appelés shiai, et dans certaines compétitions officielles. Avec l'accord de son professeur, un judoka marron peut faire inscrire ses victoires sur son passeport sportif. En dominante technique, l'exigence est réduite à 20 points, et les candidats les plus âgés en sont dispensés.
Les cinq victoires d'affilée demandent de la gestion. Le troisième ou le quatrième combat se joue souvent contre un adversaire aussi motivé que vous, et la fatigue s'accumule. Préparez-vous comme pour une compétition : sommeil, hydratation, échauffement entre les combats. La préparation mentale avant une compétition s'applique ici mot pour mot.
UV4 : l'engagement personnel
Pour le 1er dan, cette unité consiste à participer à un stage de commissaire sportif d'une demi-journée, puis à tenir ce rôle lors d'une animation ou d'une compétition officielle sur deux demi-journées. Ce n'est pas un examen : la participation suffit. Un commissaire sportif départemental en activité bénéficie d'une équivalence.
Cette UV est accessible dès la ceinture marron. Inscrivez-vous tôt : c'est la plus simple à valider et celle qu'on oublie le plus souvent jusqu'à la dernière minute.
Le jour de l'examen
Arrivez tôt, judogi propre et ceinture marron bien nouée. Le jury remarque la tenue avant la technique. Saluez en entrant sur le tapis, attendez qu'on vous appelle et ne discutez pas les décisions. Si une technique vous échappe, dites-le simplement et passez à la suivante : le règlement prévoit cette tolérance, autant l'utiliser calmement.
Comment organiser sa préparation
Un ordre courant en club : l'UV4 dès qu'un stage se présente, puis le kata et les shiai. La technique vient en dernier, quand le judoka a mûri. Certains préfèrent passer la technique tôt. Les deux se défendent.
Gardez une trace de chaque étape validée et de chaque point gagné. Les dossiers incomplets retardent des homologations tous les ans.
Pour une vue d'ensemble de ce que représente le grade, lisez la page sur la ceinture noire de judo. Et pour replacer l'examen dans l'ordre complet des grades, revenez au guide des couleurs de ceinture au judo.