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Nage-waza : les 5 familles de projections du judo expliquées

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20266 min de lecture
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Les nage-waza sont les techniques de projection du judo : tout ce qui fait passer uke de debout au dos. Le Kodokan les range en cinq familles selon la partie du corps qui travaille le plus, des bras (te-waza) jusqu'aux sacrifices où tori se jette au sol (sutemi-waza). Cette page présente chaque famille, ce qui la caractérise sur le tatami et un lien vers la fiche de chaque technique.

Debout ou sacrifice : les deux branches des nage-waza

Avant les cinq familles, il y a une division plus simple. Les tachi-waza sont les techniques où tori reste sur ses pieds : bras, hanches et jambes. Les sutemi-waza sont celles où tori abandonne volontairement son équilibre et tombe avec uke, sur le dos (ma-sutemi) ou sur le côté (yoko-sutemi).

Cette distinction compte en randori. Une tachi-waza ratée vous laisse debout, prêt à recommencer. Une sutemi-waza ratée vous met au sol sous un adversaire, ce qui ouvre la porte au travail au sol. On ne les attaque donc pas avec le même état d'esprit.

Les 40 projections officielles du Kodokan, rangées par groupes d'apprentissage, sont détaillées dans le gokyo judo. Ici, on les regarde par famille.

Te-waza : quand les bras font la différence

Dans les te-waza, les bras et les épaules produisent l'essentiel de la projection. Les jambes servent de base ou de butée mais ne fauchent pas.

La plus connue est seoi-nage, où tori charge uke sur son dos et le fait passer par-dessus l'épaule. Tai-otoshi n'a besoin que d'une jambe tendue en barrage pendant que les bras font tourner uke. Uki-otoshi et sumi-otoshi sont des projections presque sans contact de jambes, uniquement au timing et à la direction de traction.

Deux te-waza du gokyo saisissent les jambes. Kata-guruma charge uke sur les épaules et sukui-nage le ramasse par-derrière. Dans leur forme classique, les saisies de jambes sont pénalisées en compétition IJF. On les étudie quand même, et des formes adaptées existent.

Notre avis : les te-waza sont le meilleur terrain pour les judokas petits et rapides. Elles pardonnent peu le mauvais timing, mais elles ne demandent pas de gabarit.

Koshi-waza : passer par la hanche

Les koshi-waza utilisent la hanche de tori comme pivot. Tori rentre devant uke, colle ses hanches sous le centre de gravité d'uke et le fait basculer par-dessus.

Pour commencer, on trouve o-goshi, avec le bras autour de la taille, et uki-goshi. Dans cette dernière, plus courte, la hanche entre à peine. Koshi-guruma enroule la tête d'uke. Tsurikomi-goshi et sode-tsurikomi-goshi soulèvent et tirent par le revers ou les manches, ce qui les rend précieuses contre un adversaire qui se baisse. Tsuri-goshi passe par la ceinture.

Ensuite viennent les hanches qui ajoutent une action de jambe : harai-goshi balaie la cuisse, hane-goshi la soulève avec la jambe pliée en ressort. Enfin, deux koshi-waza sont des contre-prises : utsuri-goshi et ushiro-goshi, où tori soulève uke qui vient d'attaquer en hanche.

On enseigne souvent les koshi-waza en premier aux enfants, parce que la chute est contrôlée. Ce sont aussi elles qui exigent le meilleur placement des pieds.

Ashi-waza : la famille la plus large

Les ashi-waza projettent avec les jambes : balayages, fauchages, blocages et accrochages. C'est la famille la plus nombreuse du gokyo, et sans doute la plus formatrice.

Côté balayages, tout se joue sur le timing du pas : de-ashi-barai balaie le pied qui avance, okuri-ashi-barai emporte les deux pieds lors d'un déplacement latéral, harai-tsurikomi-ashi balaie la cheville pendant que les bras tirent vers le haut.

Un fauchage coupe l'appui d'une jambe. Vers l'arrière, o-soto-gari et ko-soto-gari attaquent de l'extérieur, o-uchi-gari et ko-uchi-gari de l'intérieur. Vers l'avant, uchi-mata fauche l'intérieur de la cuisse.

Dans les blocages, la jambe de tori sert de pivot à uke : sasae-tsurikomi-ashi bloque la cheville, hiza-guruma le genou, ashi-guruma et o-guruma la jambe tendue en travers. O-soto-guruma bloque les deux jambes par l'extérieur. Pour finir, ko-soto-gake accroche le talon au lieu de le faucher.

Si vous ne deviez travailler qu'une famille pendant une saison, ce serait celle-là. Les ashi-waza vous obligent à sentir les déplacements d'uke, et ce sens sert pour tout le reste.

Ma-sutemi-waza : tomber sur le dos

Les ma-sutemi-waza sont les sacrifices où tori tombe sur le dos et fait passer uke par-dessus lui. Le gokyo en compte trois.

Tomoe-nage est la plus spectaculaire : un pied dans le ventre d'uke, tori roule en arrière et le fait passer en cercle. Sumi-gaeshi utilise le cou-de-pied sous la cuisse d'uke, souvent contre un adversaire penché. Ura-nage est une contre-prise : tori soulève uke qui attaque et le jette par-dessus lui vers l'arrière.

Yoko-sutemi-waza : tomber sur le côté

Dans les yoko-sutemi-waza, tori tombe sur le côté. Plusieurs sont des contre-prises ou des attaques de dernier recours.

Yoko-otoshi, uki-waza et tani-otoshi se ressemblent : tori glisse sa jambe le long de celle d'uke et tombe en l'entraînant. Yoko-wakare se jette en travers devant uke. Yoko-guruma est la réponse classique à un uke qui se penche pour bloquer une hanche. Yoko-gake accroche la cheville en tombant.

Les makikomi (enroulements) forment un groupe à part : tori enroule le bras d'uke autour de lui et tourne pour l'écraser au sol. Soto-makikomi et hane-makikomi sont efficaces mais rudes pour les deux judokas, et on les réserve aux pratiquants qui chutent bien.

Ce qui fait marcher n'importe quelle projection

Quelle que soit la famille, une projection réussie repose sur trois temps : le déséquilibre, le placement et l'exécution. La page sur kuzushi, tsukuri et kake les détaille. Sans une bonne saisie (kumikata), vous ne déséquilibrez personne. Et sans ukemi solides, personne n'acceptera de chuter pour vous.

Pour répéter les placements, l'uchi-komi reste l'outil de base. Pour sentir la projection en entier, rien ne remplace le nage-komi.

Construire son système de projections

Les judokas qui marquent beaucoup ne connaissent pas plus de techniques que les autres. Ils en enchaînent deux ou trois qui partent dans des directions opposées. Une attaque arrière comme o-uchi-gari fait reculer uke, qui pousse pour se rééquilibrer et tombe sur une attaque avant comme seoi-nage ou uchi-mata.

Choisissez donc vos techniques par paires, en croisant les familles. Une ashi-waza vers l'arrière et une te-waza ou une koshi-waza vers l'avant, c'est la base de la plupart des systèmes qui fonctionnent en compétition. Gardez une sutemi-waza pour les adversaires qui se penchent et bloquent tout. Et pour savoir lesquelles marchent vraiment chez vous, comptez-les en randori pendant un mois : vos sensations vous mentiront plus que vos chiffres.

Questions fréquentes

Que veut dire nage-waza ?

Nage signifie projeter et waza technique. Les nage-waza sont toutes les techniques de projection du judo, par opposition aux katame-waza du travail au sol.

Combien y a-t-il de familles de nage-waza ?

Le Kodokan les classe en cinq familles : te-waza (bras), koshi-waza (hanche), ashi-waza (jambes), ma-sutemi-waza (sacrifice sur le dos) et yoko-sutemi-waza (sacrifice sur le côté).

Quelle est la différence entre tachi-waza et sutemi-waza ?

En tachi-waza, tori reste debout pour projeter. En sutemi-waza, il se jette volontairement au sol pour entraîner uke dans sa chute.

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