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Gokyo judo : les 40 techniques de projection en 5 groupes

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20267 min de lecture
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Le gokyo judo (gokyo no waza, « les techniques des cinq enseignements ») est la liste officielle des 40 projections du Kodokan, rangées en cinq groupes de huit. Cette liste sert de colonne vertébrale à l'apprentissage du judo debout depuis sa révision de 1920. Vous trouverez ci-dessous le tableau complet avec un lien vers la fiche de chaque technique, puis une façon de l'aborder sur le tatami.

Ce que contient le gokyo judo

On ne trouve dans le gokyo que des projections, les nage-waza. Les immobilisations, étranglements et clés relèvent d'une autre classification, celle du travail au sol ou katame-waza. On ne trouve donc pas kesa-gatame ou juji-gatame dans ce tableau.

Chaque groupe s'appelle un kyo : dai ikkyo (premier groupe), dai nikyo, dai sankyo, dai yonkyo et dai gokyo. La colonne « Famille » indique le classement technique du Kodokan : te-waza (bras), koshi-waza (hanche), ashi-waza (jambes), ma-sutemi-waza (sacrifice sur le dos) et yoko-sutemi-waza (sacrifice sur le côté).

Le tableau des 40 techniques du gokyo

GroupeTechniqueTraductionFamille
1er kyode-ashi-baraibalayage du pied avancéashi-waza
1er kyohiza-gurumaroue autour du genouashi-waza
1er kyosasae-tsurikomi-ashiblocage du pied en tirantashi-waza
1er kyouki-goshihanche flottantekoshi-waza
1er kyoo-soto-garigrand fauchage extérieurashi-waza
1er kyoo-goshigrande hanchekoshi-waza
1er kyoo-uchi-garigrand fauchage intérieurashi-waza
1er kyoseoi-nageprojection par-dessus l'épaulete-waza
2e kyoko-soto-garipetit fauchage extérieurashi-waza
2e kyoko-uchi-garipetit fauchage intérieurashi-waza
2e kyokoshi-gurumaroue de hanchekoshi-waza
2e kyotsurikomi-goshihanche en soulevant et tirantkoshi-waza
2e kyookuri-ashi-baraibalayage des deux piedsashi-waza
2e kyotai-otoshirenversement du corpste-waza
2e kyoharai-goshihanche balayéekoshi-waza
2e kyouchi-matafauchage par l'intérieur de la cuisseashi-waza
3e kyoko-soto-gakepetit accrochage extérieurashi-waza
3e kyotsuri-goshihanche soulevéekoshi-waza
3e kyoyoko-otoshirenversement latéralyoko-sutemi-waza
3e kyoashi-gurumaroue autour de la jambeashi-waza
3e kyohane-goshihanche en ressortkoshi-waza
3e kyoharai-tsurikomi-ashibalayage du pied en tirantashi-waza
3e kyotomoe-nageprojection en cerclema-sutemi-waza
3e kyokata-gurumaroue autour des épauleste-waza
4e kyosumi-gaeshiretournement dans l'anglema-sutemi-waza
4e kyotani-otoshirenversement dans la valléeyoko-sutemi-waza
4e kyohane-makikomienroulement en ressortyoko-sutemi-waza
4e kyosukui-nageprojection en cuillèrete-waza
4e kyoutsuri-goshichangement de hanchekoshi-waza
4e kyoo-gurumagrande roueashi-waza
4e kyosoto-makikomienroulement par l'extérieuryoko-sutemi-waza
4e kyouki-otoshirenversement flottantte-waza
5e kyoo-soto-gurumagrande roue extérieureashi-waza
5e kyouki-wazatechnique flottanteyoko-sutemi-waza
5e kyoyoko-wakareséparation latéraleyoko-sutemi-waza
5e kyoyoko-gurumaroue latéraleyoko-sutemi-waza
5e kyoushiro-goshihanche arrièrekoshi-waza
5e kyoura-nageprojection vers l'arrièrema-sutemi-waza
5e kyosumi-otoshirenversement dans l'anglete-waza
5e kyoyoko-gakeaccrochage latéralyoko-sutemi-waza

Au total : 14 ashi-waza, 9 koshi-waza, 6 te-waza, 3 ma-sutemi-waza et 8 yoko-sutemi-waza. Les traductions sont littérales. Elles décrivent souvent l'action (fauchage, balayage) ou l'image (roue, vallée, cuillère).

Histoire du gokyo de 1895 à 1920

Le fondateur du judo, Jigoro Kano, publie une première version du gokyo en 1895 au Kodokan, son école de Tokyo. Elle compte alors 42 techniques. En 1920, le Kodokan la révise : certaines techniques sont retirées, d'autres ajoutées, et la liste prend sa forme actuelle de 40 projections en cinq groupes de huit.

Les techniques retirées en 1920 n'ont pas disparu. Le Kodokan les a reconnues plus tard dans une liste complémentaire, à côté de techniques plus récentes. C'est le cas de projections que l'on voit en compétition sans qu'elles figurent au gokyo, comme sode-tsurikomi-goshi, la hanche saisie par les deux manches.

Inutile de s'attarder plus sur l'histoire ici. La page sur l'origine du judo la raconte plus en détail.

Pourquoi cet ordre et pas un autre

L'idée générale est une progression. Le premier groupe rassemble des techniques où uke chute de façon assez naturelle et où tori apprend les bases du déséquilibre : les balayages de pied, les grandes hanches, les fauchages. Plus on avance, plus les techniques demandent de timing, d'engagement ou de maîtrise de la chute. Le cinquième groupe est rempli de sacrifices (sutemi-waza), où tori se jette au sol avec uke.

Cette logique a ses limites. Uchi-mata, au deuxième groupe, est une des projections les plus difficiles à bien faire. Uki-goshi, au premier, est presque absente des compétitions actuelles. Le gokyo est un programme d'étude, pas un classement d'efficacité.

Notre avis : il faut le respecter comme une grammaire, sans le prendre pour une méthode de randori. Un débutant qui veut marquer en compétition gagnera plus à maîtriser deux techniques du premier groupe qu'à réciter les huit du cinquième.

Ce que le gokyo ne contient pas

Plusieurs choses que vous verrez au club ne sont pas dans la liste :

  • les techniques au sol, rangées dans les katame-waza ;
  • les variantes à un bras ou à genoux, comme ippon-seoi-nage ou seoi-otoshi, considérées comme des formes ou des familles proches ;
  • des projections modernes reconnues plus tard par le Kodokan ;
  • les principes : kuzushi, tsukuri et kake, le kumikata et les ukemi ne sont pas des techniques mais sans eux aucune ne marche.

Le gokyo n'est pas non plus un kata. La forme codifiée qui présente une sélection de projections s'appelle le nage-no-kata. On le confond souvent avec le gokyo parce qu'ils partagent des techniques.

Comment apprendre le gokyo sans le réciter

Une méthode adaptée aux adultes tient en quatre étapes.

D'abord, apprenez les noms par familles plutôt que par groupes. « O-soto-gari, ko-soto-gari, ko-soto-gake » se retiennent ensemble parce qu'ils attaquent tous la jambe de l'extérieur. Le tableau ci-dessus vous donne la famille de chaque technique.

Ensuite, faites un passage du gokyo en uchi-komi une fois par mois : huit techniques par séance, dix répétitions de chaque côté. Sans chute. Le but est de sentir la différence de placement entre techniques voisines.

Troisième étape, la chute. Prenez quatre techniques du groupe que vous travaillez et faites-les en nage-komi sur un tapis épais. Vous verrez vite lesquelles vous savez vraiment faire.

Enfin, choisissez. Gardez une technique avant, une technique arrière, et une qui part sur le côté. Ce sont elles que vous chercherez en randori. Le reste du gokyo devient du vocabulaire : vous le comprenez quand on vous le fait, et vous savez le contrer.

Un dernier conseil, plus personnel. Notez chaque mois les techniques du gokyo que vous avez réellement placées en randori. Au bout d'une saison, la liste est souvent plus courte qu'on ne le pensait, et c'est une bonne nouvelle : elle vous dit où mettre vos heures.

Questions fréquentes

Que veut dire gokyo ?

Go signifie cinq et kyo enseignement ou principe. Le gokyo no waza désigne les techniques des cinq enseignements, c'est-à-dire les 40 projections du Kodokan rangées en cinq groupes de huit.

Combien de techniques compte le gokyo ?

Le gokyo actuel compte 40 projections, réparties en cinq groupes de huit. C'est la version révisée par le Kodokan en 1920.

Faut-il connaître tout le gokyo pour la ceinture noire ?

Le gokyo sert de base à beaucoup de programmes de grades, mais les exigences précises dépendent de la fédération et évoluent. Renseignez-vous auprès de votre professeur ou du règlement des grades FFJDA.

Les immobilisations font-elles partie du gokyo ?

Non. Le gokyo ne contient que des projections (nage-waza). Le travail au sol est classé à part, dans les katame-waza.

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