Soto-makikomi (« enroulement par l'extérieur ») est un sacrifice latéral du 4e groupe du gokyo. Tori lâche son revers, enroule le bras droit de uke sous son aisselle et pivote en se laissant tomber, entraînant uke autour de son corps jusqu'au tapis.
Une technique réservée aux lourds ?
On l'associe souvent aux catégories lourdes, parce que le poids du corps fait tout le travail en fin de mouvement. C'est vrai qu'un tori de 100 kilos qui enroule bien est difficile à arrêter. Mais la technique repose d'abord sur la rotation et sur le blocage du bras, deux éléments qui ne dépendent pas du gabarit.
Dans le gokyo, elle se range avec hane-makikomi au quatrième groupe. Les deux appartiennent aux sutemi-waza des nage-waza. Hane-makikomi ajoute un fauchage de la jambe. Soto-makikomi n'en a pas besoin.
Kuzushi : tirer uke sur son avant droit
Pour un droitier, uke doit être emmené vers son coin avant droit. Le hikite tire la manche droite vers le haut et vers vous, comme pour une entrée en harai-goshi. Uke se met sur la pointe de son pied droit.
À ce moment seulement, votre main droite lâche le revers.
Soto-makikomi temps par temps
Votre bras droit passe par-dessus le bras droit de uke et vient le plaquer contre votre flanc. Son bras est piégé sous votre aisselle. Votre main gauche ne lâche pas la manche.
Vous pivotez sur le pied gauche en ramenant le pied droit à l'extérieur de son pied droit. Votre dos se colle contre sa poitrine.
Ensuite vous continuez à tourner vers la gauche en descendant. Votre bras droit pointe vers le tapis, votre regard suit. Uke n'a plus de bras pour se rattraper et il s'enroule autour de vous. Vous atterrissez sur le flanc gauche, uke sur le dos devant vous ou partiellement sous votre poids.
La chute de tori se fait sur le côté. Jamais en plongeant la tête vers le sol : l'arbitrage IJF sanctionne lourdement le « head diving » et les règles de hansoku-make s'appliquent. C'est surtout une question de cervicales.
Les fautes qui gâchent la technique
- Lâcher le revers trop tôt, avant le déséquilibre. Uke sent le changement et se redresse.
- Ne pas bloquer le bras. Uke le récupère, pose la main et tombe à quatre pattes.
- Tomber droit vers l'avant. Sans rotation, vous écrasez uke au lieu de le faire tourner, et il ne marque pas sur le dos.
- Regarder uke au lieu de regarder le tapis. La tête bloque la rotation.
Enchaînements utiles
Soto-makikomi sert souvent de deuxième temps. Votre harai-goshi ou votre o-goshi est bloqué parce que uke a baissé les hanches. Vous êtes déjà dos à lui, son bras droit est à portée. Il suffit de libérer le tsurite, d'enrouler et de continuer à tourner.
Elle fonctionne aussi contre un adversaire qui vous tient très fort au revers en vous gardant à distance : son bras tendu est exactement celui que vous allez enrouler.
Défendre et contrer
La meilleure défense reste de ne pas donner son bras. Plier le coude et le garder près du corps empêche l'enroulement. Si l'entrée est faite, uke peut avancer d'un pas et suivre la rotation pour retomber sur le ventre. Un adversaire rapide contre en ura-nage avant que vous ne descendiez, en vous ceinturant par-derrière.
Et en JJB ?
La technique existe en jiu-jitsu brésilien mais on la voit moins. Vous terminez sur le flanc avec le dos à moitié exposé, et l'adversaire peut chercher la prise de dos dès l'atterrissage. Au judo, l'ippon arrête le combat. En JJB, la suite commence.
Ce qu'il faut retenir pour l'entraînement
Travaillez d'abord la rotation seule, debout et sans chute, avec le bras enroulé. Puis sur crash pad, en demandant à uke de faire une chute avant classique. Le sutemi complet en randori ne vient qu'une fois que vous savez tomber sur le côté sans réfléchir. Mieux vaut ne pas la montrer à des ceintures blanches : ils plongent presque tous la tête.