Le hansoku-make au judo est la disqualification : le judoka sanctionné perd immédiatement le combat. Il arrive de deux manières très différentes. Soit par accumulation, au troisième shido. Soit directement, pour un geste dangereux ou contraire à l'esprit du judo. La conséquence pour la suite du tournoi n'est pas la même dans les deux cas.
Traduction littérale : « défaite par infraction ». Sur le tableau, il s'affiche comme une pénalité rouge et l'adversaire est déclaré vainqueur.
Deux chemins vers la même sanction
| Hansoku-make par cumul | Hansoku-make direct | |
|---|---|---|
| Cause | Troisième shido | Faute grave unique |
| Exemples | Passivité, fausse attaque, sortie | Plongeon tête en avant, clé en projetant, technique bannie |
| Combat en cours | Perdu | Perdu |
| Suite du tournoi | Peut continuer (repêchage, bronze) | Dépend de la faute |
Le premier cas n'est qu'une question de comptage. Les fautes qui y mènent sont décrites dans notre page sur le shido. L'arbitre annonce le troisième shido avec le geste habituel, puis désigne le vainqueur.
Dans le second cas, la sanction est plus lourde de sens. L'arbitre lève l'index au-dessus de la tête puis pointe le fautif. Les juges valident généralement la décision à la vidéo avant qu'elle soit définitive.
Le hansoku-make direct pour un geste dangereux
L'IJF a classé plusieurs gestes dans cette catégorie. Les plus fréquents en compétition :
- plonger tête la première sur le tapis en exécutant uchi-mata, harai-goshi, seoi-nage ou une technique similaire, en pliant le cou vers l'avant ou l'arrière ;
- faire un saut périlleux vers l'avant avec l'adversaire sur le dos ou les épaules ;
- appliquer une clé de bras ou un étranglement en projetant, quand uke ne peut pas s'échapper et que le risque de blessure est élevé ;
- depuis 2026, appliquer ushiro-sankaku au sol avec un risque élevé pour la nuque d'uke, même si l'arbitre interrompt vite l'action.
Pour un plongeon ou une clé en projection, la faute est jugée dangereuse mais pas déloyale. Le judoka perd le combat et peut en principe continuer la compétition s'il reste en lice, par exemple en repêchage. Vérifiez toujours le règlement de l'épreuve, car l'organisateur et le jury gardent une marge d'appréciation.
Le plongeon est le cas que les arbitres redoutent le plus. Il concerne surtout uchi-mata et harai-goshi quand le judoka cherche à finir à tout prix. La sanction n'est pas sévère par principe : elle protège les cervicales de celui qui plonge.
Le hansoku-make pour un acte contraire à l'esprit du judo
C'est la catégorie la plus grave. Elle couvre les comportements antisportifs : geste déplacé, insulte, refus d'obéir à l'arbitre, coup volontaire. Le règlement IJF y range aussi l'application de techniques bannies par le Kodokan en compétition, comme kawazu-gake ou kani-basami. La liste complète de ces gestes est dans notre article sur les prises interdites au judo.
Ici, l'exclusion vaut pour toute la compétition. Le judoka ne peut plus combattre dans le tournoi, y compris en repêchage, et des sanctions disciplinaires peuvent suivre. La fédération ou l'organisateur peut aussi décider de mesures complémentaires selon son propre règlement.
Comment la décision est prise
Un hansoku-make direct n'est jamais anodin, et l'arbitre ne le donne pas seul sur un doute. Il arrête le combat, consulte les juges, et la vidéo est revue dès qu'elle existe. Sur les grandes épreuves, la commission d'arbitrage peut aussi intervenir. Cette prudence s'explique : la sanction élimine un athlète qui s'est parfois préparé des mois.
Pour le plongeon, l'arbitre regarde la trajectoire de la tête et du cou. Un judoka qui touche le tapis avec la tête par accident, sans plonger, n'est pas sanctionné de la même façon. Toute la différence est entre une tête qui frôle le tapis et une tête qui plonge.
S'agissant d'une clé en projection, c'est le danger pour uke qui compte. Si uke peut s'échapper et que le risque est faible, la sanction descend au shido.
Le double hansoku-make
Il arrive que les deux combattants soient disqualifiés en même temps, par exemple après une bagarre ou un geste dangereux commis des deux côtés. Personne ne gagne. Le règlement IJF prévoit comment traiter ce cas dans le tableau, et c'est le jury qui tranche sur les suites.
Le cas des jeunes
Chez les cadets et en dessous, certains gestes valent un shido au lieu d'être autorisés : se servir de la tête pour projeter ou défendre, par exemple. Le plongeon reste un hansoku-make à tout âge. En France, les compétitions de jeunes appliquent en plus les limites propres à chaque catégorie, décrites dans notre page sur les catégories d'âge.
Pour l'ensemble des scores et pénalités, partez de notre guide des règles du judo.
Comment l'éviter
Le hansoku-make par cumul s'évite en attaquant. Le hansoku-make direct s'évite par l'éducation, et elle commence tôt. Avec les enfants, on bannit tout plongeon tête en avant dès les premiers uchi-mata, même au crash-pad. Avec les adultes, une règle prime : quand une projection ne passe pas, on lâche et on repart. Finir sur la tête pour arracher un waza-ari, c'est jouer sa nuque contre un point. Aucun combat ne vaut ça, et l'arbitre a de toute façon le dernier mot.