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Shido au judo : les fautes sanctionnées et comment les éviter

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
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Le shido au judo est la pénalité légère que l'arbitre donne pour une infraction mineure : passivité, fausse attaque, sortie volontaire de la zone de combat, saisie interdite ou attitude trop défensive. Il ne rapporte aucun point à l'adversaire. Mais au troisième, le combat est perdu par hansoku-make.

Traduit littéralement, shido veut dire « instruction ». L'idée est de corriger un comportement, pas de récompenser l'autre. En pratique, c'est l'outil qui oblige les judokas à combattre.

La logique du shido

Un combat de judo sans pénalités tournerait vite au bras de fer immobile. Le shido existe pour forcer l'engagement. L'arbitre l'annonce en pointant l'index vers le fautif, poing fermé, après avoir arrêté le combat par matte.

Deux shido ne coûtent rien au tableau. Ils pèsent dans la tête, en revanche. Un judoka à deux pénalités sait que la moindre erreur le fera perdre, et son adversaire le sait aussi. Beaucoup de combattants changent complètement de judo à ce moment-là.

Les shido restent en place pendant le golden score. Ils ne départagent pas deux judokas à égalité de score, mais le troisième y met fin comme ailleurs. Pour le fonctionnement de la prolongation, voyez la page sur le golden score.

Les fautes qui coûtent un shido

Passivité et refus de combattre

C'est le shido le plus courant. L'arbitre le donne quand un judoka n'attaque pas assez. Avec une garde classique, manche et revers, le règlement IJF laisse environ 30 secondes pour construire une attaque. Au-delà, sans progression, la sanction tombe. Depuis 2025, l'arbitre tient compte des attaques au sol autant que debout pour juger l'activité.

Fausse attaque

Tomber à genoux sans intention de projeter, attaquer sans tenir de garde, lâcher les mains au moment d'entrer : tout cela relève de la fausse attaque. Le critère retenu est simple à énoncer : tori avait-il une chance réaliste de projeter ? On voit souvent ce geste pour casser le rythme ou sortir d'une garde dangereuse. Les arbitres le connaissent bien.

Sortie de la zone de combat

Sortir volontairement, debout ou au sol, est sanctionné. Une sortie provoquée par une poussée ou une technique adverse ne l'est pas. La nuance est délicate en bord de tapis, et c'est souvent l'attitude générale qui fait pencher l'arbitre.

Saisies interdites

Plusieurs saisies sont limitées :

  • toucher, saisir ou crocheter les jambes avec la main ou le bras, debout ;
  • saisir l'intérieur du pantalon debout ;
  • garder une garde non conventionnelle (deux mains du même côté, ceinture, croisée) sans attaquer rapidement ;
  • serrer l'adversaire à bras refermés autour du tronc, mains jointes ;
  • rompre la garde adverse à deux mains sans garder au moins une prise.

Depuis 2025, saisir l'intérieur de la manche est autorisé debout, de même que les prises sur la veste sous la ceinture et sur le pantalon jusqu'en haut de la cuisse, tant qu'elles servent à attaquer. Une saisie aux jambes reste interdite debout sauf pour enchaîner au sol à la fin d'une projection. La liste des gestes qui vont plus loin que le shido se trouve dans notre page sur les prises interdites.

Posture défensive et temps perdu

Se casser en deux, bras tendus, pour empêcher l'adversaire d'entrer : shido. Prendre son temps pour rajuster son judogi ou sa ceinture entre matte et hajime : avertissement, puis shido à la deuxième fois avec l'ajustement de 2026. Les règles de tenue sont dans l'article sur le judogi blanc et bleu.

Le shido comme arme tactique

Les compétiteurs expérimentés le savent : on peut provoquer le shido adverse. Un judoka qui attaque régulièrement met l'autre en situation de passivité. Un judoka qui reste au centre et pousse doucement vers le bord force l'autre à reculer, et la sortie finit par être sanctionnée.

L'arbitre n'est pas dupe de tout. Une attaque lancée seulement pour faire tourner le compteur, sans déséquilibre, peut elle-même être jugée fausse attaque. La frontière entre judo intelligent et calcul stérile est fine, et c'est l'arbitre qui la trace.

Côté tableau, regardez toujours les pénalités adverses en fin de combat. À deux shido, l'adversaire n'a plus le droit à l'erreur, et c'est souvent le moment de hausser le rythme.

Ce que le troisième shido déclenche

Le troisième shido se transforme en hansoku-make. Le combat est perdu, mais il s'agit d'une disqualification par accumulation : le judoka n'est pas exclu de la compétition pour autant et peut, selon le tableau, combattre en repêchage. La différence avec un hansoku-make direct est expliquée dans notre article sur le hansoku-make.

Les jeunes et le shido

Chez les cadets et en dessous, l'IJF ajoute des shido spécifiques : utiliser la tête pour projeter, défendre en tournant sur la tête, tenter un seoi-nage inversé. En France, les règlements des plus jeunes prévoient aussi leurs propres limites. Un professeur doit les connaître, car ce sont des fautes que les enfants commettent sans le savoir.

Pour avoir la vue d'ensemble des pénalités et des scores, partez de notre guide des règles du judo.

Le conseil à retenir

Le shido de passivité se gagne avant d'être reçu. Un judoka qui attaque toutes les vingt secondes, même avec un petit ko-uchi-gari sans grande ambition, ne sera presque jamais sanctionné. Le problème vient des combattants qui attendent l'occasion parfaite. Fixez-vous une règle simple à l'entraînement : jamais deux échanges de garde sans une attaque. Et après chaque tournoi, notez quel shido vous avez reçu et à quel moment du combat. On découvre souvent que c'est toujours le même, au même moment.

Questions fréquentes

Combien de shido avant la disqualification au judo ?

Trois. Le troisième shido entraîne hansoku-make et la perte du combat. Les deux premiers ne donnent aucun point à l'adversaire.

Un shido peut-il faire gagner un combat ?

Pas directement. À égalité de score à la fin du temps, les shido ne départagent pas : le combat part en golden score. Seul le troisième shido décide, puisqu'il disqualifie.

Que signifie shido ?

Shido se traduit par « instruction » ou « directive ». C'est la plus légère des pénalités du judo, donnée pour une infraction mineure.

Les shido sont-ils remis à zéro au golden score ?

Non. Les shido reçus pendant le temps réglementaire restent au tableau en golden score. Un judoka qui en a déjà deux est à une faute de la défaite.

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