Le judogi bleu et le judogi blanc servent à distinguer les deux combattants : en compétition IJF, le premier judoka appelé porte le blanc, le second le bleu. Cette règle date de la fin des années 1990 et reste discutée par les traditionalistes. Autour de la couleur, tout un règlement encadre la tenue : dimensions de la veste et des manches, ceinture et dossard. Un contrôle a lieu avant le combat.
En France, la plupart des compétitions de club, de département et de ligue se font encore en blanc, avec une ceinture rouge ou blanche ajoutée pour différencier les judokas. Le bleu se généralise à mesure qu'on monte de niveau.
Pourquoi un judogi bleu et un judogi blanc ?
L'idée vient d'Anton Geesink, champion du monde et champion olympique néerlandais, qui l'a proposée à l'IJF au milieu des années 1980. Son argument était pratique : deux judogi blancs se confondent, pour les arbitres comme pour le public et la télévision. Il a fallu une dizaine d'années et plusieurs votes négatifs avant l'adoption.
L'opposition venait surtout du Japon, attaché au blanc comme symbole du judo. Le Kodokan reste attaché au judogi blanc, et de nombreux dojos dans le monde n'utilisent que lui. Pour le contexte culturel, voyez notre page sur le Kodokan.
Avec le recul, Geesink avait sans doute raison pour la compétition. La vidéo d'arbitrage serait bien plus compliquée sans les deux couleurs.
Qui porte le bleu ?
La règle IJF est mécanique : le judoka appelé en premier porte le blanc, le second le bleu. La couleur ne dépend ni du classement ni du grade. Un même judoka peut donc passer du blanc au bleu entre deux combats de la même journée.
D'où une contrainte : les compétiteurs doivent apporter les deux judogi. Le règlement IJF exige des judogi homologués par l'IJF sur ses épreuves, et la teinte du bleu est elle aussi encadrée. En France, les exigences dépendent du niveau ; consultez la convocation.
Dans les compétitions en blanc, la ceinture de couleur ajoutée par-dessus joue le même rôle. Le règlement de l'épreuve indique qui porte laquelle.
Le contrôle du judogi
Avant chaque combat sur les grandes compétitions, un contrôleur vérifie la tenue. Il utilise un gabarit, le sokuteiki, pour mesurer les dimensions. Les points contrôlés sont notamment :
- la longueur des manches, qui doivent couvrir le bras presque jusqu'au poignet quand on le tend devant soi ;
- l'ampleur des manches, avec un espace suffisant entre le tissu et le bras sur toute la longueur ;
- la longueur de la veste, qui doit couvrir les fesses ;
- le croisement des revers et leur épaisseur ;
- la longueur du pantalon et de la ceinture.
Ces règles existent parce qu'une manche trop courte ou trop serrée empêche l'adversaire de saisir. Pendant des années, certains compétiteurs portaient des vestes ajustées pour gêner le kumikata. Le contrôle a mis fin à cette pratique.
Un judogi non conforme est refusé. Sur le circuit international, le judoka doit en changer avant de pouvoir combattre. Les mesures exactes figurent dans le règlement IJF sur le judogi, qui reste la seule référence fiable.
Dossard et identification
Sur les compétitions internationales, chaque judogi porte un dossard cousu dans le dos, avec le nom et le code du pays du judoka. Sa taille et sa position sont réglementées. Des marquages publicitaires sont aussi autorisés dans des limites précises.
En France, le dossard n'est pas exigé à tous les niveaux. Les championnats nationaux ont leurs propres règles, publiées par la FFJDA.
Les autres règles de tenue
Quelques points qui coûtent des remarques ou des shido en compétition :
La ceinture. Elle doit être serrée avec un nœud plat, les extrémités d'une longueur raisonnable. Une ceinture qui se dénoue à chaque échange fait perdre du temps et peut valoir un avertissement. Le bon nœud est expliqué dans notre page sur le nœud de ceinture.
Les cheveux longs s'attachent avec un élastique souple. Pas d'objet dur ni métallique.
Sous la veste, les femmes portent un t-shirt blanc. Ongles courts et aucun bijou, pour tout le monde.
Le judogi doit être propre et sec, sans odeur. Ça paraît évident, mais un arbitre peut refuser une tenue sale.
Prendre trop de temps pour rajuster sa tenue entre matte et hajime vaut d'abord un avertissement, puis un shido depuis l'ajustement des règles en 2026. Le détail est dans notre article sur le shido.
Bien choisir son judogi de compétition
Pour l'entraînement, un judogi confortable suffit. Pour la compétition, la taille doit être choisie en pensant au contrôle : un judogi trop petit après lavage peut être refusé. Notre guide pour choisir la taille de son kimono aide à s'y retrouver. Le reste du règlement est dans notre guide des règles du judo.
Notre conseil : lavez votre judogi de compétition à froid et ne le passez jamais au sèche-linge. Un coton qui rétrécit de deux centimètres aux manches peut suffire à vous faire refuser au contrôle, et ce n'est jamais le jour où on s'y attend.