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Kodokan : histoire, rôle et visite de la maison du judo

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
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Le Kodokan est l'institut fondé par Jigoro Kano en 1882 à Tokyo pour enseigner le judo. Parti d'une salle de douze tatamis dans un temple, il occupe aujourd'hui un bâtiment de huit étages dans le quartier de Kasuga et reste la référence mondiale pour les techniques, les kata et une partie des grades.

D'un temple à un immeuble de huit étages

En mai ou juin 1882, Jigoro Kano installe ses premiers élèves dans une dépendance de l'Eishō-ji, un temple bouddhiste du quartier d'Ueno. Douze tatamis, c'est à peine de quoi faire deux randori en même temps. Les élèves se comptent sur les doigts des deux mains.

Le dojo déménage ensuite plusieurs fois à mesure que la pratique grandit. En 1958, le Kodokan s'installe à Kasuga, dans l'arrondissement de Bunkyō, où il se trouve toujours. Le bâtiment actuel compte huit étages. Le grand dojo occupe un étage entier et des tribunes permettent d'assister aux entraînements depuis le niveau supérieur.

Son nom dit déjà le projet. Kō (étudier), dō (la voie), kan (le bâtiment) : le Kodokan se présente comme une école, pas comme un club de combat. Ce choix vient du parcours de Kano, éducateur de métier, et de sa volonté de séparer son judo du jujutsu des écoles anciennes.

Ce que le Kodokan fait aujourd'hui

On imagine parfois le Kodokan comme un musée. C'est un lieu de pratique quotidienne, avec plusieurs missions.

  • La référence technique. C'est le Kodokan qui fixe la liste officielle des techniques et leurs noms. Le gokyo et les techniques ajoutées depuis (les shinmeisho-no-waza) sont publiés par l'institut. Quand un professeur hésite entre deux appellations, c'est la nomenclature Kodokan qui tranche.
  • Les kata. Le Kodokan conserve et enseigne les kata officiels, du nage-no-kata au koshiki-no-kata. Notre guide des kata du judo les présente un par un.
  • Les grades. L'institut délivre ses propres dan, y compris les plus hauts. Chaque fédération nationale garde toutefois la main sur ses grades : en France, c'est la FFJDA qui les attribue. Pour la logique des dan, voyez notre article sur les dan en judo.
  • L'enseignement et la recherche. Cours pour enfants et adultes, stages internationaux, bibliothèque et salle d'exposition historique.

L'IJF fixe les règles de compétition, le Kodokan garde la doctrine. Les deux ne disent pas toujours la même chose. L'arbitrage moderne a supprimé ou encadré des gestes que le Kodokan enseigne encore en kata, et c'est très bien ainsi : les deux rôles sont différents.

Le Kodokan dans la vie d'un judoka français

Pour la plupart des pratiquants, le Kodokan reste une idée lointaine. Il est pourtant présent dans chaque cours. Les noms japonais que vous criez au moment du salut, l'ordre des séries du nage-no-kata exigé pour la ceinture noire, la liste des projections que vous révisez avant un passage de grade : tout cela est normalisé au Kodokan.

En France, l'enseignement a d'abord suivi une autre voie. Maître Kawaishi avait sa propre méthode, avec des techniques numérotées plutôt que nommées en japonais. La terminologie Kodokan s'est imposée ensuite. L'histoire est racontée dans notre article sur le judo en France.

Visiter et s'entraîner au Kodokan

Beaucoup de judokas en font une étape de leur premier voyage au Japon. Quelques conseils tirés de l'expérience de collègues qui y sont allés :

  1. Préparez la visite sur le site officiel. Les horaires, les conditions d'accès aux tribunes et les règles pour s'entraîner changent selon les périodes. Ne vous fiez pas à un blog de voyage vieux de cinq ans.
  2. Pour pratiquer, prévoyez les papiers. Les visiteurs étrangers doivent s'enregistrer avant de monter sur le tatami : renseignez-vous sur les pièces demandées. Venez avec un judogi blanc propre et en bon état.
  3. Allez-y en randori avec humilité. Les séances du soir mélangent étudiants, policiers, vétérans et visiteurs. Le niveau est souvent élevé et le rythme soutenu. Demandez avant d'inviter un haut gradé, et acceptez qu'on vous refuse.
  4. Montez voir la salle d'exposition. Photos des premiers élèves, documents de Kano, portraits des grands noms du judo japonais. C'est là qu'on mesure le chemin parcouru depuis les douze tatamis.

Si votre voyage dépasse Tokyo, lisez aussi notre article sur le judo au Japon. Les universités et les dojos de police offrent une autre image de la pratique japonaise, souvent plus dure que ce qu'on voit au Kodokan.

Ce qu'on rapporte d'un séjour là-bas

Les judokas qui reviennent du Kodokan parlent rarement de technique. Ils parlent de la façon de saluer, du silence avant le cours, du respect envers les anciens. Ils parlent aussi de la qualité des chutes chez les Japonais, y compris chez les enfants. Le salut en judo y est fait lentement et proprement, sans la précipitation qu'on voit parfois en fin de cours dans nos clubs.

Notre conseil : si vous préparez un séjour, travaillez vos ukemi et votre kumikata plusieurs semaines avant de partir. Dans un randori au Kodokan, on vous jugera d'abord sur votre manière de tomber et de saisir, bien avant votre palmarès.

Questions fréquentes

Où se trouve le Kodokan ?

Le Kodokan est à Tokyo, dans le quartier de Kasuga, arrondissement de Bunkyō. Il est installé sur ce site depuis 1958.

Peut-on visiter le Kodokan ?

Oui, le bâtiment dispose d'une salle d'exposition sur l'histoire du judo et de tribunes au-dessus du grand dojo. Vérifiez les horaires et les conditions sur le site officiel avant de vous déplacer.

Que signifie Kodokan ?

Kō signifie étudier ou enseigner, dō la voie et kan le bâtiment. On traduit en général par « le lieu où l'on étudie la voie ».

Un grade du Kodokan est-il valable en France ?

En France, les grades sont délivrés par la fédération (FFJDA). Un grade Kodokan est une reconnaissance prestigieuse, mais l'équivalence pour la compétition ou l'enseignement relève des règles fédérales.

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