Ura-nage (« projection par l'arrière ») est un sacrifice arrière du 5e groupe du gokyo. Tori ceinture uke, descend sous son centre de gravité, puis se jette en arrière en cambrant pour le faire passer par-dessus son épaule. On l'utilise surtout pour contrer une attaque.
Pourquoi ura-nage plaît autant
C'est l'une des projections les plus spectaculaires du judo. Uke décrit un arc complet et retombe avec violence, ce qui la rend populaire dans les vidéos de compétition. Elle a aussi un intérêt tactique réel : elle punit les attaques mal préparées, celles où l'adversaire s'avance sans vous avoir déséquilibré.
Dans la classification du Kodokan, elle appartient aux ma-sutemi-waza des nage-waza (sacrifices sur le dos), au cinquième groupe du gokyo. Dans le nage-no-kata, elle répond à une frappe de uke vers la tête : tori esquive, se place sur le côté et projette.
Le mouvement décomposé
Prenons un contre sur o-soto-gari adverse, pour un tori droitier qui défend sur une attaque à droite.
Entrer et ceinturer
Uke avance pour faucher. Vous faites un petit pas vers lui au lieu de reculer. Votre bras gauche passe derrière sa taille, main sur la ceinture ou le dos de la veste. Votre main droite se place à plat sur son ventre ou sur sa poitrine.
Descendre
Vous pliez fortement les genoux pour amener votre bassin sous le sien. Vos hanches sont plus basses que les siennes, votre poitrine collée à son flanc. C'est la phase la plus importante, et celle que l'on bâcle le plus.
Projeter
Vous poussez avec les jambes vers le haut et l'arrière. La main droite pousse son ventre vers le plafond, le bras gauche le serre contre vous. Vous vous cambrez et tombez en arrière, en tournant la tête vers la gauche. Uke passe par-dessus votre épaule gauche et retombe sur le dos.
La rotation finale est ce qui sépare une bonne ura-nage d'un écrasement. Sans elle, vous tombez à plat et uke atterrit sur vous ou sur sa tête.
Erreurs de débutant
- Ne pas descendre. On essaie de soulever un adversaire plus haut que soi, il suffit qu'il fléchisse les jambes pour bloquer.
- Projeter dans l'axe, comme une lutte. On risque la chute de uke sur la tête.
- Lâcher la ceinture en l'air.
- Tenter la technique contre un uke qui s'est déjà penché en avant. Dans ce cas, passez à yoko-guruma, qui est faite pour ça.
En combat, quand la sortir ?
Ura-nage brille en contre. Contre o-soto-gari, contre les attaques de jambe à droite qui vous amènent poitrine contre poitrine, contre un uchi-mata entré sans déséquilibre. Le fil commun : uke s'est engagé vers vous et il est haut sur ses jambes.
Elle marche mieux pour les judokas aux jambes puissantes et au centre de gravité bas. Contre un adversaire nettement plus lourd, elle reste possible si l'entrée est parfaite, mais la marge d'erreur devient minuscule.
En garde opposée, les contres sur o-soto-gari restent les plus fréquents. Pensez juste à adapter le côté de rotation à l'épaule par laquelle uke doit passer.
Ura-nage hors du judo
Les lutteurs pratiquent des projections arrière de la même famille, et on en voit en MMA quand l'adversaire tente une prise de dos debout. Le judogi change pourtant la donne : la saisie de la ceinture et de la veste donne un contrôle que l'on n'a pas sans kimono.
Éducatifs et sécurité
Elle ne se travaille qu'avec des judokas qui ont une chute avant roulée parfaite. Avant ce stade, le risque pour les cervicales est trop élevé.
- Uke debout, tori entre et descend, sans projeter. On vérifie la hauteur des hanches.
- Uke sur un gros tapis, tori projette lentement, uke accompagne.
- Contre sur o-soto-gari annoncé, puis non annoncé.
Gardez aussi une règle simple en randori : si uke est raide et que vous n'êtes pas sous lui, renoncez. Une ura-nage forcée est la meilleure façon de blesser un partenaire, et le contre suivant viendra de toute façon.