O-soto-gari (grand fauchage extérieur) est une des projections les plus connues du judo. Tori déséquilibre uke vers l'arrière, se place à côté de lui et fauche sa jambe d'appui par l'arrière avec sa propre jambe. Elle appartient au premier groupe du gokyo et on l'apprend dès les premières ceintures.
Simple sur le papier. Brutale quand elle est réussie. Et plus difficile qu'il n'y paraît face à un adversaire qui sait où mettre son poids.
La sécurité d'abord
On commence par là parce qu'o-soto-gari fait chuter uke en arrière, rapidement, la tête près du sol. Un ukemi arrière solide est un prérequis. Si vos partenaires n'ont pas encore une chute arrière propre, travaillez-la avant (voir notre page sur l'ukemi).
Tori a aussi sa part : la main qui tient la manche ne lâche jamais. Elle tire vers le haut au moment de l'impact pour que uke tombe sur le dos et non sur la nuque.
Où va le poids de uke
Le kuzushi d'o-soto-gari vise l'arrière droit de uke (pour un droitier qui attaque). Son poids doit passer sur son talon droit. La main gauche (hikite) tire la manche vers votre hanche gauche, en bas. La main droite (tsurite) pousse le revers vers l'arrière et vers le haut, avec l'avant-bras contre la poitrine de uke.
Signe que c'est bon : uke se cambre légèrement et ses orteils droits se soulèvent.
Le placement et le fauchage
- Pied gauche à côté du pied droit de uke, à l'extérieur, à une quinzaine de centimètres. Genou gauche fléchi.
- Poitrine contre poitrine, côté droit. Votre tête passe à côté de la sienne.
- La jambe droite passe à côté de la jambe droite de uke, puis remonte en avant.
- Elle redescend et fauche l'arrière de la cuisse ou du mollet de uke, de haut en bas et vers l'arrière, mollet contre mollet.
- Pendant le fauchage, votre buste avance et votre tête descend. Le mouvement est celui d'une balançoire.
Le fauchage n'est pas un coup de pied. C'est toute la jambe qui balaie, depuis la hanche, orteils tendus.
Les erreurs typiques
La jambe d'appui trop loin. Si votre pied gauche est en retrait, vous fauchez dans le vide et c'est vous qui êtes en déséquilibre arrière. Un uke averti en profite immédiatement.
Le buste qui reste droit, ou pire qui recule pendant que la jambe fauche, vient ensuite. Sans avancée du corps, la jambe seule ne fait pas tomber un adulte.
Dernière erreur, faucher une jambe qui ne porte rien. Si le poids de uke est sur son pied gauche, le fauchage de la jambe droite ne sert à rien. Le kuzushi décide de la jambe à faucher.
Contres : o-soto-gaeshi et ses cousins
Quand tori attaque sans déséquilibre, uke peut tenir, puis faucher à son tour la jambe d'appui de tori. C'est o-soto-gaeshi. Le même geste, plus tôt, devient un o-soto-gari renvoyé : les deux judokas fauchent en même temps et c'est celui qui a le meilleur équilibre qui gagne.
Pour s'en protéger, gardez la jambe d'appui fléchie et près de uke, et ne fauchez jamais avant d'avoir collé votre poitrine.
Variantes et enchaînements
Quand uke recule sa jambe attaquée et serre ses deux pieds, o-soto-guruma prend le relais : la jambe de tori passe derrière les deux jambes de uke et les barre ensemble. S'il recule au contraire en écartant les pieds, ko-soto-gari cueille le talon resté en arrière.
Dans l'autre sens, o-uchi-gari prépare bien o-soto-gari : uke qui retire sa jambe gauche pour éviter le fauchage intérieur reporte son poids sur sa droite.
En JJB, la projection de référence
O-soto-gari fait partie des techniques de base du JJB parce qu'elle termine en position dominante sans donner le dos : tori arrive à côté de l'adversaire. Elle marche avec ou sans kimono. Sans kimono, on la place souvent depuis un contrôle de la nuque et du bras.
Pour la travailler
En uchi-komi, arrêtez-vous avant de faucher, jambe fauchante levée et en équilibre sur la jambe d'appui. Si vous vacillez, votre placement est faux. Puis passez en nage-komi sur tapis épais.
Un conseil : face à un adversaire plus grand, o-soto-gari est rarement la bonne idée en attaque directe, parce que vous ne pourrez pas atteindre son buste. Gardez-la pour les adversaires de votre taille ou plus petits, et pour les moments où ils reculent d'eux-mêmes.