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Katame-waza et ne-waza : le travail au sol du judo expliqué

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20266 min de lecture
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Le katame-waza regroupe les techniques de contrôle du judo : immobilisations, étranglements et clés de bras. On parle aussi de ne-waza, le travail au sol, et les deux termes se mélangent dans les dojos. C'est la moitié du judo que beaucoup de clubs négligent, alors qu'un ne-waza solide gagne des combats que la projection n'a pas finis.

Ne-waza, katame-waza : de quoi parle-t-on

Ne-waza veut dire « technique couchée ». Le mot décrit une situation : les deux judokas sont au sol. Katame-waza veut dire « technique de contrôle » et désigne les trois familles de techniques qui permettent de gagner au sol. On peut faire du katame-waza debout (une clé de bras portée en tachi-waza par exemple), mais dans la pratique presque tout se passe à terre.

Le Kodokan classe ces techniques en trois groupes : les osaekomi-waza (immobilisations), les shime-waza (étranglements) et les kansetsu-waza (clés articulaires). Le katame-no-kata présente cinq techniques de chaque groupe.

Osaekomi-waza : immobiliser son adversaire

Une immobilisation maintient uke sur le dos, sous le contrôle de tori, pendant un temps donné. Les grandes formes :

Chacune a des variantes dites kuzure (modifiées), souvent plus solides en randori que la forme de base. Le principe ne change pas : poids bas, espaces fermés, et suivre uke au lieu de le retenir.

Notre avis : les immobilisations sont le meilleur point d'entrée pour un débutant. Elles ne présentent presque aucun risque de blessure et apprennent à placer son poids, ce qui servira pour tout le reste.

Shime-waza : les étranglements

Les étranglements compriment le cou d'uke jusqu'à l'abandon. Au judo, on les fait souvent avec le judogi, ce qui les distingue du no-gi.

Trois fiches à connaître en priorité. Hadaka-jime étrangle par l'arrière avec les bras seuls. Okuri-eri-jime utilise le revers d'uke depuis son dos. Sankaku-jime enferme la tête et un bras dans un triangle de jambes. Les étranglements en croix (juji-jime), pris de face dans les revers, complètent la famille et se travaillent beaucoup depuis la garde.

La plupart sont des étranglements sanguins : ils agissent vite et sans grande douleur. D'où la règle absolue sur le tatami : uke frappe deux fois, tori lâche immédiatement.

Kansetsu-waza : les clés de bras

Les clés articulaires forcent une articulation au-delà de sa limite. En compétition de judo, seules les clés sur le coude sont autorisées.

Juji-gatame, la clé de bras en croix, est la plus utilisée. Ude-garami, la clé en torsion, se fait dans deux sens qui correspondent à l'americana et à la kimura du JJB. Viennent ensuite des clés de bras tendu comme ude-gatame, hiza-gatame ou waki-gatame. Elles bloquent le coude contre l'épaule, le genou ou l'aisselle de tori.

Une clé blesse plus vite qu'un étranglement. On la serre lentement, et on frappe tôt.

Ce que dit le règlement au sol

Quelques règles qui changent la façon de travailler le ne-waza en club :

  1. L'immobilisation compte au chronomètre. Avec les règles IJF actuelles, 10 secondes donnent waza-ari et 20 secondes ippon. Si uke enroule une jambe de tori avec les siennes, l'immobilisation n'est pas valable. Les détails des scores sont expliqués dans la page sur les règles d'arbitrage, ippon et waza-ari.
  2. L'abandon donne ippon. Sur un étranglement ou une clé, uke frappe deux fois ou dit « maitta ». Une perte de connaissance donne aussi ippon.
  3. Le sol est limité dans le temps. Si l'arbitre juge que rien ne progresse, il annonce « matte » et les judokas se relèvent. C'est pour ça que le ne-waza du judo est rapide et direct.
  4. L'âge conditionne les techniques. Les étranglements et clés sont interdits dans les plus jeunes catégories, puis autorisés à partir de l'âge fixé par le règlement fédéral. Les catégories d'âge au judo donnent le cadre.

Certaines techniques restent interdites à tout âge : les clés sur une autre articulation que le coude, l'étranglement avec les jambes autour du tronc (do-jime), les torsions de la nuque ou la clé de jambe ashi-garami. Certaines façons d'appliquer waki-gatame en tombant directement au sol sont aussi sanctionnées. La liste complète est dans la page sur les prises interdites en judo.

Les positions du ne-waza

Les techniques ne servent à rien si l'on ne maîtrise pas les positions. On en retient trois :

  • Uke en tortue, à quatre pattes. C'est la défense la plus fréquente au judo, parce qu'elle protège du chronomètre d'immobilisation. Les attaques sont les retournements, les étranglements par le dos et l'entrée en juji-gatame roulée.
  • Tori dans la garde d'uke, uke sur le dos qui contrôle avec les jambes. Le judo connaît bien cette position, que le JJB a développée en détail : voir la garde fermée en JJB.
  • Tori au-dessus, en immobilisation ou en transition.

Ce sont les passages entre ces positions qui comptent plus que les positions elles-mêmes. Un judoka qui sait passer de yoko-shiho-gatame à tate-shiho-gatame sans laisser d'espace tient vingt secondes contre presque tout le monde.

Judo au sol et jiu-jitsu brésilien

Le JJB vient en partie du ne-waza du judo d'avant-guerre. Il en a gardé les techniques et a supprimé la limite de temps au sol. Résultat : un pratiquant de JJB connaît beaucoup plus de gardes et de transitions, et un judoka est plus rapide et plus agressif dans les dix premières secondes. La comparaison est détaillée dans JJB vs judo.

Pour un judoka, faire quelques séances de JJB est un des meilleurs moyens de progresser au sol. Pour un pratiquant de JJB, le judo apprend à finir vite et à se relever.

Comment progresser au sol

Le ne-waza progresse plus vite que les projections, à condition de le travailler régulièrement. Notre conseil pour une saison :

Les deux premiers mois, travaillez seulement les immobilisations et les sorties. Un randori au sol de trois minutes à chaque séance, en partant de positions imposées. Ensuite, ajoutez une attaque contre la tortue (un étranglement ou un retournement) et une clé depuis le dessus. Pas plus. À la fin de la saison, vous aurez un système complet : immobiliser, retourner, finir.

Un dernier point qu'on oublie souvent : reliez le sol à la projection. Après chaque chute en randori, suivez au sol pendant cinq secondes. La plupart des immobilisations de compétition naissent d'une projection qui n'a pas donné ippon. Et pour voir où le sol se place dans le programme d'ensemble, le gokyo judo présente l'autre moitié, debout.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre ne-waza et katame-waza ?

Ne-waza désigne le travail au sol en général. Katame-waza désigne les techniques de contrôle : immobilisations, étranglements et clés. On utilise souvent les deux mots l'un pour l'autre.

Combien de temps faut-il immobiliser pour gagner au judo ?

Selon les règles IJF actuelles, 20 secondes d'immobilisation donnent ippon et 10 secondes donnent waza-ari. Les catégories jeunes peuvent avoir des règles adaptées.

À quel âge les étranglements et clés sont-ils autorisés au judo ?

Ils sont interdits dans les plus jeunes catégories et autorisés à partir d'un âge fixé par le règlement fédéral, en général les cadets en France. Vérifiez le règlement FFJDA de la saison.

Quelles clés sont autorisées au judo ?

Seules les clés sur l'articulation du coude sont autorisées en compétition. Les clés sur le poignet, l'épaule seule, le genou ou la cheville sont interdites.

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