Kami-shiho-gatame (contrôle des quatre coins par le haut) est l'immobilisation où tori se place à la tête d'uke, poitrine contre poitrine, et saisit sa ceinture en passant les bras sous ses épaules. Elle bloque les deux épaules d'un coup, ce qui la rend très dure à renverser. Dans la famille des immobilisations du ne-waza, c'est celle qui demande le moins de force et le plus de placement.
Se placer en kami-shiho-gatame
Uke est sur le dos. Vous arrivez derrière sa tête et vous passez vos deux bras sous ses épaules, par l'extérieur de ses bras, pour attraper la ceinture de chaque côté de ses hanches. Les coudes serrent ses bras contre son corps.
Votre poitrine repose sur la sienne. Votre tête est tournée sur le côté, joue contre son ventre ou son plexus. Pour les jambes, deux options :
- genoux au sol, écartés de part et d'autre de sa tête, orteils repliés pour pousser ;
- jambes tendues en arrière et écartées, hanches basses, ventre presque au tapis.
La première version est plus mobile. La seconde pèse plus lourd et fatigue moins. On apprend en général d'abord la version à genoux, puis on passe aux jambes tendues dès qu'uke commence à bouger fort.
L'erreur qui fait tout perdre
Les hanches hautes. Dès que vos fesses montent, votre poids part dans vos genoux au lieu d'écraser la poitrine d'uke. Il respire, il pousse et il tourne. Gardez la sensation d'être « collé » et d'avancer légèrement vers sa tête avec les orteils.
Deuxième erreur fréquente : tirer sur la ceinture avec les mains. Ce sont les coudes qui contrôlent, en écrasant ses bras contre ses flancs. Les mains servent d'ancre.
Kuzure-kami-shiho-gatame, la version de compétition
En randori, la forme pure se défait vite parce qu'uke glisse un bras entre vous. La variante kuzure (modifiée) règle ce problème. Un de vos bras passe sous le bras d'uke et vient saisir le col derrière sa nuque. L'autre main garde la ceinture ou contrôle son autre bras. Vous vous décalez en biais, une épaule plus près de sa tête.
Ce décalage change tout. Vous suivez plus facilement ses mouvements de hanches et le bras capturé ne peut plus pousser. C'est la forme que l'on voit le plus souvent en compétition, et celle à privilégier en randori. La forme de base reste utile pour comprendre la pression, et c'est elle qu'on présente dans le katame-no-kata.
Sorties pour uke
Contre un tori bien placé, il ne sert à rien d'exploser tout de suite. Les sorties fiables :
- Glissez vos avant-bras contre ses épaules ou sous ses aisselles pour créer un cadre. Votre but est de gagner dix centimètres, pas de le soulever.
- Tournez les hanches d'un côté en marchant avec les pieds. Quand votre corps n'est plus aligné avec le sien, la pression baisse.
- Remettez un genou entre vous, puis la jambe entière. Vous revenez en garde.
- Si vous arrivez à passer à plat ventre, l'immobilisation est rompue (toketa). Vous serez en tortue, ce qui ouvre d'autres dangers, mais le chrono s'arrête.
Le pont seul ne marche que si tori a les hanches hautes. Combinez-le avec une rotation des épaules pour qu'il serve à quelque chose.
Enchaînements depuis le haut
Kami-shiho-gatame est une plaque tournante. Uke tourne vers un côté pour fuir ? Vous passez en yoko-shiho-gatame en glissant le long de son corps. Il lève un bras pour pousser votre tête ? C'est l'ouverture de kata-gatame. Et si vous continuez à tourner jusqu'à vous asseoir sur son ventre, vous voilà en tate-shiho-gatame.
Les pratiquants de JJB connaissent cette position sous le nom de north-south. Ils l'utilisent plus pour la transition que pour l'immobilisation, ce qui se comprend : leur règlement ne compte pas les secondes de contrôle. La logique de passage de garde en JJB mène d'ailleurs souvent à cette position par le haut.
Comment l'entraîner
Un exercice de base : uke démarre sous kami-shiho-gatame avec trente secondes pour sortir, tori a le droit de changer de variante mais pas de passer à une autre immobilisation. On compte combien de fois uke sort. Changez de partenaire à chaque tour, sinon chacun apprend les habitudes de l'autre.
Pour situer cette immobilisation dans le programme global, la page sur le gokyo judo présente l'organisation des techniques Kodokan. Notez aussi dans votre carnet la variante qui tient le mieux contre vos partenaires lourds : ce n'est presque jamais la même que contre les légers.