katakatame-no-katane-waza

Katame-no-kata : les 15 contrôles au sol en 3 séries

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
Langue

Le katame-no-kata (forme des contrôles) présente 15 techniques de judo au sol en 3 séries de 5 : immobilisations, étranglements et clés articulaires. C'est le pendant du nage-no-kata pour le travail au sol. Il est exigé à certains passages de dan et reste la meilleure école de précision pour le ne-waza.

Le katame-no-kata, un kata qui se joue à genoux

Le katame-no-kata ne ressemble à aucun autre. Presque tout se passe au sol ou à genoux. Tori et uke s'approchent l'un de l'autre en position kyoshi (un genou au sol, l'autre levé), avancent par petits pas glissés à genoux et se replacent entre chaque technique. Le corps doit rester stable et droit pendant tous ces déplacements, ce qui est beaucoup plus dur qu'il n'y paraît après quarante ans.

Avec le nage-no-kata, il forme le randori-no-kata, les deux kata qui expliquent les principes du combat libre. Le premier montre comment projeter, le second comment contrôler une fois au sol. Pour la place des deux dans l'ensemble des formes du Kodokan, voyez notre guide des kata de judo.

Série 1 : osaekomi-waza, les immobilisations

OrdreTechniqueTraduction
1Kesa-gatame (forme kuzure)Contrôle en écharpe
2Kata-gatameContrôle par l'épaule
3Kami-shiho-gatameContrôle par les quatre points, par le haut
4Yoko-shiho-gatameContrôle par les quatre points, par le côté
5Kuzure-kami-shiho-gatameVariante du contrôle par le haut

Dans cette série, uke fait de vraies tentatives de sortie. Il pousse, pont, tourne, puis tape quand il n'y parvient pas. Tori doit montrer que son contrôle s'adapte à chaque tentative sans perdre la position. C'est là que les examinateurs voient la différence entre quelqu'un qui récite et quelqu'un qui contrôle vraiment.

Un détail que les candidats négligent : entre deux immobilisations, tori ne se relève pas n'importe comment. Il revient en kyoshi, rajuste sa tenue si besoin et repart vers uke avec le même rythme. Ces transitions comptent autant que le contrôle lui-même.

Ces immobilisations sont détaillées dans nos fiches kesa-gatame et kami-shiho-gatame. Pour la logique générale du sol, lisez katame-waza.

Série 2 : shime-waza, les étranglements

OrdreTechniqueTraduction
1Kata-juji-jimeÉtranglement en croix, une main paume en haut
2Hadaka-jimeÉtranglement à mains nues
3Okuri-eri-jimeÉtranglement par le revers glissé
4Kata-ha-jimeÉtranglement avec contrôle d'une aile
5Gyaku-juji-jimeÉtranglement en croix inversé

Les étranglements du kata se font avec un contrôle total : la pression s'applique progressivement et s'arrête dès le signal d'uke. C'est une bonne occasion de rappeler une règle de sécurité à répéter à tous les groupes. Au premier tapotement, on lâche. Pas une demi-seconde après. Les étranglements sont réservés aux pratiquants qui en ont l'âge réglementaire et toujours sous la surveillance d'un enseignant.

Série 3 : kansetsu-waza, les clés

OrdreTechniqueTraduction
1Ude-garamiClé de bras en enroulement
2Juji-gatameClé de bras en croix
3Ude-gatameClé de bras tendu
4Hiza-gatameClé de bras par le genou
5Ashi-garamiClé par enroulement de jambe

Les noms varient légèrement selon les sources : certaines écrivent ude-hishigi-juji-gatame ou ude-hishigi-hiza-gatame, la forme longue du Kodokan. La dernière technique, ashi-garami, est interdite en compétition. Elle est conservée dans le kata, comme d'autres gestes que le judo sportif a écartés.

Notre fiche juji-gatame détaille la clé la plus utilisée en randori. Les pratiquants de JJB y reconnaîtront leur armbar.

Le rôle d'uke, plus dur qu'on ne croit

Dans le nage-no-kata, uke attaque puis chute. Dans le katame-no-kata, il est au contact pendant toute la technique. Il doit :

  • tenter des sorties crédibles pendant les immobilisations, sans en faire un combat ;
  • signaler l'abandon de façon nette, en tapant deux fois sur le corps de tori ou sur le tapis ;
  • se replacer exactement à l'endroit prévu entre chaque technique.

Ce dernier point paraît anecdotique. Il ne l'est pas : si uke se replace mal, tori doit corriger sa distance, et toute la technique suivante démarre de travers.

Un uke trop passif rend le kata creux. Un uke trop actif le transforme en randori. L'équilibre se trouve en répétant avec le même partenaire, encore une fois.

Les pièges classiques à l'examen

Le premier piège est le genou. Les déplacements en kyoshi fatiguent vite les articulations, et une douleur peut fausser toute la prestation. Si vos genoux vous font souffrir, parlez-en à un médecin avant de commencer une préparation intensive.

Deuxième piège : l'ordre. Le kata ne laisse aucune place à l'improvisation : une technique oubliée ou inversée se voit tout de suite, même pour un jury indulgent. Les quinze techniques se ressemblent dans leur entrée, et les candidats inversent souvent la deuxième et la troisième de la série des étranglements. Le troisième piège est la tenue : un judogi qui s'ouvre au sol doit être rajusté au bon moment, pas au milieu d'une technique.

Le conseil à retenir : apprenez le katame-no-kata en commençant par la série des clés, la plus courte à mémoriser, puis remontez vers les immobilisations. Vous aborderez la partie la plus physique en dernier, quand les déplacements à genoux seront devenus automatiques.

Questions fréquentes

Combien de techniques comporte le katame-no-kata ?

Quinze techniques, en trois séries de cinq : osaekomi-waza (immobilisations), shime-waza (étranglements) et kansetsu-waza (clés de bras et de jambe).

Pour quel grade faut-il le katame-no-kata ?

Il est demandé lors de passages de dan au-delà de la ceinture noire 1er dan. Les exigences précises changent selon les fédérations et les saisons : consultez le référentiel de grades en vigueur.

Que fait uke pendant les immobilisations du katame-no-kata ?

Il tente de s'échapper à plusieurs reprises de façon franche, puis tape pour signaler l'abandon. Ses tentatives doivent être réelles pour que le contrôle de tori ait un sens.

À lire aussi

Tags
katakatame-no-katane-waza