Le katame-no-kata (forme des contrôles) présente 15 techniques de judo au sol en 3 séries de 5 : immobilisations, étranglements et clés articulaires. C'est le pendant du nage-no-kata pour le travail au sol. Il est exigé à certains passages de dan et reste la meilleure école de précision pour le ne-waza.
Le katame-no-kata, un kata qui se joue à genoux
Le katame-no-kata ne ressemble à aucun autre. Presque tout se passe au sol ou à genoux. Tori et uke s'approchent l'un de l'autre en position kyoshi (un genou au sol, l'autre levé), avancent par petits pas glissés à genoux et se replacent entre chaque technique. Le corps doit rester stable et droit pendant tous ces déplacements, ce qui est beaucoup plus dur qu'il n'y paraît après quarante ans.
Avec le nage-no-kata, il forme le randori-no-kata, les deux kata qui expliquent les principes du combat libre. Le premier montre comment projeter, le second comment contrôler une fois au sol. Pour la place des deux dans l'ensemble des formes du Kodokan, voyez notre guide des kata de judo.
Série 1 : osaekomi-waza, les immobilisations
| Ordre | Technique | Traduction |
|---|---|---|
| 1 | Kesa-gatame (forme kuzure) | Contrôle en écharpe |
| 2 | Kata-gatame | Contrôle par l'épaule |
| 3 | Kami-shiho-gatame | Contrôle par les quatre points, par le haut |
| 4 | Yoko-shiho-gatame | Contrôle par les quatre points, par le côté |
| 5 | Kuzure-kami-shiho-gatame | Variante du contrôle par le haut |
Dans cette série, uke fait de vraies tentatives de sortie. Il pousse, pont, tourne, puis tape quand il n'y parvient pas. Tori doit montrer que son contrôle s'adapte à chaque tentative sans perdre la position. C'est là que les examinateurs voient la différence entre quelqu'un qui récite et quelqu'un qui contrôle vraiment.
Un détail que les candidats négligent : entre deux immobilisations, tori ne se relève pas n'importe comment. Il revient en kyoshi, rajuste sa tenue si besoin et repart vers uke avec le même rythme. Ces transitions comptent autant que le contrôle lui-même.
Ces immobilisations sont détaillées dans nos fiches kesa-gatame et kami-shiho-gatame. Pour la logique générale du sol, lisez katame-waza.
Série 2 : shime-waza, les étranglements
| Ordre | Technique | Traduction |
|---|---|---|
| 1 | Kata-juji-jime | Étranglement en croix, une main paume en haut |
| 2 | Hadaka-jime | Étranglement à mains nues |
| 3 | Okuri-eri-jime | Étranglement par le revers glissé |
| 4 | Kata-ha-jime | Étranglement avec contrôle d'une aile |
| 5 | Gyaku-juji-jime | Étranglement en croix inversé |
Les étranglements du kata se font avec un contrôle total : la pression s'applique progressivement et s'arrête dès le signal d'uke. C'est une bonne occasion de rappeler une règle de sécurité à répéter à tous les groupes. Au premier tapotement, on lâche. Pas une demi-seconde après. Les étranglements sont réservés aux pratiquants qui en ont l'âge réglementaire et toujours sous la surveillance d'un enseignant.
Série 3 : kansetsu-waza, les clés
| Ordre | Technique | Traduction |
|---|---|---|
| 1 | Ude-garami | Clé de bras en enroulement |
| 2 | Juji-gatame | Clé de bras en croix |
| 3 | Ude-gatame | Clé de bras tendu |
| 4 | Hiza-gatame | Clé de bras par le genou |
| 5 | Ashi-garami | Clé par enroulement de jambe |
Les noms varient légèrement selon les sources : certaines écrivent ude-hishigi-juji-gatame ou ude-hishigi-hiza-gatame, la forme longue du Kodokan. La dernière technique, ashi-garami, est interdite en compétition. Elle est conservée dans le kata, comme d'autres gestes que le judo sportif a écartés.
Notre fiche juji-gatame détaille la clé la plus utilisée en randori. Les pratiquants de JJB y reconnaîtront leur armbar.
Le rôle d'uke, plus dur qu'on ne croit
Dans le nage-no-kata, uke attaque puis chute. Dans le katame-no-kata, il est au contact pendant toute la technique. Il doit :
- tenter des sorties crédibles pendant les immobilisations, sans en faire un combat ;
- signaler l'abandon de façon nette, en tapant deux fois sur le corps de tori ou sur le tapis ;
- se replacer exactement à l'endroit prévu entre chaque technique.
Ce dernier point paraît anecdotique. Il ne l'est pas : si uke se replace mal, tori doit corriger sa distance, et toute la technique suivante démarre de travers.
Un uke trop passif rend le kata creux. Un uke trop actif le transforme en randori. L'équilibre se trouve en répétant avec le même partenaire, encore une fois.
Les pièges classiques à l'examen
Le premier piège est le genou. Les déplacements en kyoshi fatiguent vite les articulations, et une douleur peut fausser toute la prestation. Si vos genoux vous font souffrir, parlez-en à un médecin avant de commencer une préparation intensive.
Deuxième piège : l'ordre. Le kata ne laisse aucune place à l'improvisation : une technique oubliée ou inversée se voit tout de suite, même pour un jury indulgent. Les quinze techniques se ressemblent dans leur entrée, et les candidats inversent souvent la deuxième et la troisième de la série des étranglements. Le troisième piège est la tenue : un judogi qui s'ouvre au sol doit être rajusté au bon moment, pas au milieu d'une technique.
Le conseil à retenir : apprenez le katame-no-kata en commençant par la série des clés, la plus courte à mémoriser, puis remontez vers les immobilisations. Vous aborderez la partie la plus physique en dernier, quand les déplacements à genoux seront devenus automatiques.