Okuri-eri-jime (étranglement par le revers glissé) se fait depuis le dos d'uke : une main de tori passe devant le cou et saisit profond le revers opposé, l'autre main tire l'autre revers vers le bas. Les deux pans de la veste se resserrent comme un collet. C'est un des étranglements les plus vus en compétition de judo, et pour une bonne raison : il marche même quand uke protège son cou avec les mains.
La saisie qui fait tout
Vous êtes dans le dos d'uke. Votre main droite passe devant son cou de son épaule droite vers son côté gauche. Elle saisit son revers gauche le plus haut possible, quatre doigts à l'intérieur et pouce dehors. Plus la saisie est profonde, moins vous aurez besoin de force.
Votre main gauche passe sous son aisselle gauche et attrape son revers droit, plus bas. C'est elle qui serre : elle tire ce revers vers le bas pendant que la main droite tire vers l'arrière. Le revers se tend contre le côté du cou et l'avant-bras droit écrase l'autre côté.
Le débutant se trompe toujours de main. Il tire avec la main du cou, à l'horizontale, et se fatigue sans résultat. La main du dessous fait la moitié du travail.
Depuis le dos, crochets en place
C'est la version la plus confortable. Vous êtes assis derrière uke, jambes autour de sa taille et pieds crochetés dans ses cuisses. Votre poitrine est collée à son dos, votre tête contre la sienne du côté de la main du dessous.
Uke protège ses revers. Ouvrez le revers gauche avec votre main gauche pour le présenter à votre main droite, qui vient saisir profond. Ensuite seulement, la main gauche part chercher l'autre revers. Pour serrer, penchez-vous légèrement vers l'arrière et du côté de la main qui tient le col.
On arrive souvent dans cette position quand uke tente de fuir une immobilisation en se retournant sur le ventre : depuis tate-shiho-gatame, il vous offre son dos. Les pratiquants de JJB reconnaîtront le travail de la prise de dos.
Depuis la tortue
Au judo, uke se met très souvent en tortue pour attendre le « matte ». Vous êtes sur son côté ou derrière lui.
Glissez la main droite sous son menton pour saisir le revers gauche, la main gauche saisit le revers droit sous son aisselle. Ensuite, trois options selon ce qu'il fait :
- il reste compact : vous tournez autour de sa tête en marchant, votre poids sur son dos, et le revers se serre à chaque pas (la version que les anglophones appellent « clock choke ») ;
- il pousse vers l'arrière : vous roulez sur le côté en l'emmenant avec vous et vous finissez sur le dos, lui sur vous ;
- il se tourne vers votre bras : vous changez pour une autre attaque, par exemple sankaku-jime.
Contre la tortue, la version en marchant est la plus sûre en compétition. Elle ne vous expose pas à un renversement.
Défense côté uke
Rentrer le menton ne suffit pas, le revers passe dessous. Il faut attaquer la main du cou : vos deux mains attrapent son poignet et tirent vers le bas pour l'empêcher d'aller profond. Puis vous glissez vos épaules vers le sol, du côté de la main qui étrangle, pour remettre votre dos au tapis et tourner face à lui.
Si vous vous contentez de protéger le revers avec une main, vous ouvrez le cou pour hadaka-jime, qui n'a pas besoin de veste.
Sécurité
Comme tous les étranglements sanguins, okuri-eri-jime fait perdre connaissance vite. On le travaille avec un professeur présent. Uke frappe deux fois et tori lâche immédiatement. Les étranglements sont interdits dans les plus jeunes catégories et leur autorisation dépend de l'âge fixé par le règlement fédéral.
Pour l'ensemble des étranglements, clés et immobilisations, la page sur le travail au sol en judo fait le tour. Celle du gokyo judo situe le programme Kodokan.
Un conseil de compétiteur : dès que votre adversaire tombe en tortue, mettez la main dans le revers avant de penser à autre chose. Même si vous ne finissez pas, la menace l'oblige à défendre son cou. Ses hanches se relâchent, et c'est là que les retournements deviennent possibles.