Ude-garami (enroulement du bras) est la clé de bras en torsion du judo : tori saisit le poignet d'uke, passe son autre bras sous le bras plié d'uke et attrape son propre poignet. Cette prise en « figure de quatre » tord le coude et l'épaule. Elle existe dans deux sens, que le jiu-jitsu brésilien a rebaptisés americana et kimura.
La prise en figure de quatre
Quel que soit le sens, la prise est la même. Votre main côté tête saisit le poignet d'uke, pouce sous le poignet. Votre autre bras passe sous son bras, au-dessus du coude, et votre main vient saisir votre propre poignet. Vos deux bras forment un 4.
Le bras d'uke doit rester plié à angle droit. Tendu, la torsion ne marche plus. Plié trop fort, la clé passe mal aussi.
Premier sens : la main vers la tête
C'est la forme qu'on enseigne en premier au judo. Vous êtes en yoko-shiho-gatame sur uke. Son bras côté tête se lève pour pousser votre visage ou votre épaule. Vous plaquez son poignet au sol, à hauteur de sa tête, paume vers le haut. Le coude est plié, la main est près de son oreille.
Vous passez l'autre bras sous son coude et vous verrouillez la figure de quatre. Pour finir, faites glisser sa main sur le tapis vers ses hanches tout en levant légèrement son coude. Comme si vous peigniez le sol avec le dos de sa main.
Les pratiquants de JJB appellent cette version americana. Elle demande peu d'espace et se place bien depuis le contrôle latéral, la position à cheval ou kesa-gatame.
Deuxième sens : la main vers le dos
Ici, la main d'uke part vers le bas et vers son dos. Vous tenez son poignet, son coude est plié, vous levez sa main derrière son dos en gardant son coude collé à vous. C'est le sens kimura, que beaucoup de judokas appellent gyaku-ude-garami (ude-garami inversé).
On le place depuis la garde, depuis kami-shiho-gatame, ou sur un uke en tortue qui pose une main au sol. Le nom kimura vient de Masahiko Kimura, judoka japonais qui l'utilisa contre Hélio Gracie au Brésil en 1951. Les Brésiliens ont gardé son nom pour la technique.
Notre avis : le sens kimura est le plus polyvalent. Même quand il ne finit pas, il contrôle uke et sert de poignée pour le retourner ou passer derrière lui.
Règles et précautions
Au judo, seules les clés sur le coude sont autorisées en compétition. Ude-garami agit aussi sur l'épaule mais fait partie des kansetsu-waza admises, à partir de l'âge fixé par le règlement fédéral. Les clés sur les autres articulations sont interdites, comme le précise la page sur les prises interdites en judo.
La torsion de l'épaule fait mal tard. Uke sent peu de chose jusqu'au moment où l'articulation lâche. Tori serre donc lentement, et uke frappe tôt. Les ude-garami brusques n'ont pas leur place en randori, surtout en sens kimura.
Défense pour uke
Première règle : ne laissez pas votre bras se détacher du corps. Le coude collé aux côtes, aucune figure de quatre n'est possible. Si la prise est en place :
- en sens americana, tendez le bras vers vos hanches pour sortir de l'angle droit ;
- en sens kimura, saisissez votre ceinture ou votre propre revers pour bloquer le bras ;
- dans les deux cas, tournez vers tori pour réduire l'angle sur l'épaule.
Si la douleur arrive, frappez. Une épaule abîmée coûte des mois de tatami.
Les enchaînements
Ude-garami et juji-gatame se répondent. Uke qui plie son bras pour défendre juji-gatame offre ude-garami. Uke qui tend son bras pour échapper à ude-garami offre juji-gatame. Depuis kesa-gatame, son bras libre qui pousse votre tête se prend facilement en ude-garami sens americana.
Pour situer la technique dans le programme Kodokan, voyez le gokyo judo. Un exercice simple : depuis yoko-shiho-gatame, uke pousse avec le bras côté tête. Tori alterne ude-garami quand le bras est plié et juji-gatame quand il est tendu. Dix fois chacun. Le choix doit devenir automatique.