Ushiro-goshi (« hanche arrière ») est une technique de hanche du 5e groupe du gokyo, utilisée en contre. Quand uke entre en o-goshi ou en harai-goshi sans vous déséquilibrer, vous bloquez et le ceinturez par-derrière. Un coup de bassin le soulève, puis vous le laissez retomber sur le dos devant vous.
Le principe d'un contre de hanche
Une projection de hanche réussie suppose que tori soit sous le centre de gravité de uke. Si c'est vous qui êtes plus bas que votre adversaire au moment où il tourne, la situation s'inverse : c'est lui qui se retrouve sur votre hanche, mais de dos.
Ushiro-goshi exploite cette inversion. Elle appartient aux koshi-waza des nage-waza, au cinquième groupe du gokyo, à côté d'autres contres comme ura-nage.
Les quatre temps pour un droitier
Uke entre en o-goshi à droite. Il vous tourne le dos.
Premier temps, vous bloquez. Genoux fléchis, vous avancez le bassin contre ses fesses. Son entrée s'arrête net.
Deuxième temps, vous ceinturez. Votre bras gauche entoure sa taille, la main droite tient le revers ou glisse vers l'avant de sa veste. Votre ventre est collé à son dos.
Troisième temps, vous soulevez. Extension brutale des jambes, bassin projeté vers l'avant et vers le haut. Uke décolle de quelques dizaines de centimètres.
Quatrième temps, vous reculez légèrement le bassin pendant qu'il est en l'air. Ses jambes partent vers l'avant, ses fesses tombent, il retombe sur le dos devant vous. Vous gardez le contrôle du haut de son corps pour guider la chute.
Ce qu'il ne faut pas faire
Le piège principal est de soulever en tirant avec les bras et en se cambrant. On le voit chez beaucoup de jeunes adultes costauds. Ça passe une fois, puis les lombaires le paient.
Autres fautes classiques :
- un espace entre votre ventre et son dos, qui laisse uke glisser au sol ;
- un soulevé trop lent, que uke sent venir et neutralise en écartant les pieds ;
- lâcher uke en l'air sans guider la chute, ce qui le fait atterrir sur la nuque ou les épaules.
Ushiro-goshi et utsuri-goshi : même départ, autre fin
Le soulevé est commun. En utsuri-goshi, tori fait glisser sa hanche devant uke pendant qu'il est en l'air et le reprojette comme un o-goshi. En ushiro-goshi, il se contente de le laisser tomber devant lui.
Mieux vaut apprendre ushiro-goshi en premier. Le geste est plus simple, et il installe le bon soulevé. Celui qui maîtrise ce soulevé trouve utsuri-goshi en quelques séances.
Dans quelles situations l'utiliser
Contre les entrées de hanche « à plat », sans kuzushi préalable. Contre harai-goshi aussi, quand uke tourne en restant haut sur ses jambes. Ce sont surtout les adversaires pressés qui donnent cette ouverture, en fin de combat ou quand ils sont menés.
Face à un adversaire beaucoup plus lourd, elle devient difficile, voire impossible. Préférez alors un contre qui ne demande pas de soulevé, comme yoko-guruma ou un ura-nage bien placé.
Éducatifs
On démarre par le soulevé pur : uke dos à vous, vous le soulevez et le reposez debout, dix fois. Puis vous le soulevez et le reposez assis, en douceur. C'est déjà presque la technique.
Ensuite, uke entre en o-goshi lent. Vous bloquez, soulevez, posez. Le dernier stade est le contre sur attaque non annoncée en randori souple.
Un conseil de tatami pour finir : le blocage du premier temps vaut à lui seul la peine d'être travaillé. Même si vous ne terminez jamais en ushiro-goshi, apprendre à baisser les hanches au bon moment vous évitera beaucoup de projections de hanche.