Utsuri-goshi (« hanche qui change de place ») est une technique de hanche du 4e groupe du gokyo, utilisée presque toujours en contre. Uke attaque en o-goshi ou en harai-goshi et tori bloque. Il le soulève contre son ventre puis fait glisser sa propre hanche devant lui pour le reprojeter dans le sens opposé.
Utsuri-goshi dans le gokyo et dans la famille des koshi-waza
Dans le gokyo du Kodokan, utsuri-goshi arrive au quatrième groupe avec des techniques déjà exigeantes comme sumi-gaeshi ou hane-makikomi. C'est logique. On ne peut pas la travailler avant de savoir défendre une projection de hanche en baissant le centre de gravité, et avant d'avoir un ukemi solide pour l'adversaire.
Elle se range parmi les koshi-waza des nage-waza. Sa particularité : la hanche travaille deux fois. Une première fois pour soulever, une seconde fois pour faire basculer.
Le mouvement pas à pas (pour un droitier qui contre une attaque à droite)
1. Bloquer
Uke entre en o-goshi. Vous fléchissez les genoux et poussez vos hanches vers l'avant contre ses fesses. Son entrée est stoppée et il se retrouve légèrement cambré.
2. Ceinturer
Votre bras gauche passe autour de sa taille. La main droite garde le revers ou descend vers la ceinture côté opposé. Votre ventre colle à son dos, sans espace.
3. Soulever
Vous tendez les jambes d'un coup en projetant le bassin vers l'avant. Uke décolle. Ce sont les cuisses qui travaillent, jamais le bas du dos.
4. Changer de hanche
Pendant qu'il est en l'air, vous pivotez en faisant glisser votre hanche gauche devant lui. Quand il redescend, il ne retombe plus sur ses pieds mais sur votre hanche, et vous terminez comme un o-goshi à gauche.
Le temps fort se joue entre les étapes 3 et 4. Si vous attendez qu'uke retouche le sol, c'est fini : il reprend appui et vous perdez votre fenêtre.
Utsuri-goshi ou ushiro-goshi : comment les distinguer
Le départ est identique. La différence tient à ce que vous faites de uke une fois soulevé. En ushiro-goshi, vous le laissez retomber sur le dos droit devant vous en reculant légèrement le bassin. En utsuri-goshi, vous le récupérez sur votre hanche et vous le faites tourner.
Notre avis : apprenez d'abord ushiro-goshi. Elle demande moins de coordination et elle installe le bon soulevé. Utsuri-goshi devient ensuite une option quand uke tente de se rattraper en écartant les jambes.
Les erreurs les plus fréquentes
- Soulever avec le dos. Le judoka se penche en arrière et tire avec les bras. C'est inefficace et dangereux pour les lombaires.
- Laisser un espace entre les deux corps. Sans contact ventre contre dos, uke glisse et retombe sur ses jambes.
- Changer de hanche trop tard. Le pivot doit commencer au sommet du soulevé, pas après.
- Oublier le hikite. À la fin, la main qui tire guide uke vers le sol. Sans elle, la chute est incontrôlée pour lui.
Quand la placer en randori
Utsuri-goshi fonctionne contre un adversaire qui rentre ses projections de hanche sans kuzushi, c'est-à-dire sans vous avoir déséquilibré avant de tourner. Vous le sentez tout de suite : son dos arrive contre votre ventre alors que vous êtes encore bien planté.
Elle marche mal contre un adversaire nettement plus lourd. Le soulevé devient impossible et vous vous fatiguez pour rien. Dans ce cas, préférez un contre au sol ou un ura-nage si vous maîtrisez la chute arrière.
En droitier contre gaucher, la situation se présente moins souvent, car les entrées de hanche se font de l'autre côté. Le principe reste le même : vous changez de hanche vers le côté libre.
Éducatifs pour l'apprendre
- Le soulevé seul : uke se place dos à vous, vous le ceinturez et le soulevez de quelques centimètres en poussant le bassin. Dix répétitions, en vérifiant que le dos reste droit.
- Soulevé et pivot sans chute : même départ, vous glissez la hanche devant et reposez uke debout. On travaille le pivot sans la peur de projeter.
- Contre sur entrée annoncée : uke rentre un o-goshi lent et prévisible, vous bloquez et terminez sur tapis épais.
- Contre en situation : uke choisit le moment de son attaque. Vous ne savez plus quand elle arrive.
Ne passez pas à l'étape 4 tant que le partenaire n'est pas à l'aise en chute avant. Une technique de contre qui tombe mal décourage vite les deux judokas, alors qu'une progression lente rend le geste naturel en quelques séances.