Le circuit IJF, appelé World Judo Tour, est une échelle de tournois internationaux qui alimentent le classement mondial. On y trouve les Continental Open et les Grand Prix, puis les Grand Slam et le Masters. Au sommet se placent les championnats continentaux, le championnat du monde de judo et les Jeux olympiques. Plus le niveau est élevé, plus il rapporte de points. Ces points décident des têtes de série et de la qualification olympique.
Pourquoi un circuit plutôt qu'un seul championnat
Pendant longtemps, la carrière internationale d'un judoka tenait à quelques dates : championnats d'Europe, mondiaux, Jeux. Entre les deux, des tournois de prestige comme le Tournoi de Paris sans lien formel entre eux. La fédération internationale a structuré cet ensemble en 2009 avec le World Judo Tour, dont Paris a été le premier Grand Slam.
L'idée est simple : chaque tournoi rapporte des points, les points forment un classement, le classement organise tout le reste. Un champion du monde qui ne combat plus pendant deux ans glisse dans la liste. Un jeune qui enchaîne les podiums de Grand Prix monte vite.
L'échelle des tournois, du bas vers le haut
Les valeurs ci-dessous sont les points attribués au vainqueur dans le barème IJF utilisé ces dernières saisons. L'argent, le bronze et les places suivantes reçoivent une fraction de ce total. Le règlement de référence est le Sport and Organisation Rules de l'IJF, à consulter pour la saison en cours.
| Niveau | Points au vainqueur | Qui y combat |
|---|---|---|
| Continental Open | 100 | Jeunes seniors, athlètes en reprise |
| Grand Prix | 700 | Deuxième rideau mondial, beaucoup de titulaires |
| Grand Slam | 1 000 | La quasi-totalité des meilleurs mondiaux |
| Masters | 1 800 | Les mieux classés du ranking, sur invitation |
| Championnat du monde | 2 000 | Sélections nationales |
Les championnats continentaux et les Jeux olympiques donnent aussi des points, selon un barème propre fixé par le même règlement.
Continental Open
C'est la porte d'entrée. Les fédérations y envoient leurs jeunes seniors qui sortent des juniors, ou des titulaires qui reviennent de blessure. Le niveau est inégal d'un tableau à l'autre. Pour un athlète qui débute à l'international, c'est là qu'on apprend à gérer un voyage, une pesée à l'étranger et des arbitres inconnus.
Grand Prix
Le Grand Prix est le cœur du calendrier. La densité y est forte sans être écrasante. Beaucoup de nations y envoient leur numéro deux de catégorie pour lui donner des points. Un podium de Grand Prix pèse lourd dans un classement.
Grand Slam
Le Grand Slam regroupe la plupart des meilleurs du monde. Les tableaux sont longs et le premier tour peut déjà opposer deux médaillés mondiaux. Paris et Tokyo sont les deux noms historiques de ce niveau.
Masters
Le Masters est différent : on n'y entre pas par sélection nationale mais par le classement mondial. Seuls les mieux classés de chaque catégorie sont invités. C'est un tournoi court et très dense, sans adversaire « facile ».
Le championnat du monde de judo, sommet hors Jeux
Les mondiaux seniors ont lieu chaque année, y compris les années olympiques. Chaque nation y inscrit ses sélectionnés et une épreuve par équipes mixtes clôture souvent la compétition. Le titre mondial reste la récompense la plus prestigieuse après l'or olympique, et il rapporte le plus gros total de points du circuit hors Jeux.
Les règles d'arbitrage y sont celles de l'IJF en vigueur, les mêmes qui descendent ensuite dans les compétitions nationales. Si vous voulez comprendre pourquoi un combat de mondial se termine sur une pénalité, relisez les pages ippon et golden score.
Ce que les points permettent
Les points du circuit alimentent le classement mondial IJF, qui sert à trois choses :
- Désigner les têtes de série, qui évitent les autres favoris aux premiers tours.
- Inviter au Masters.
- Attribuer les places pour les Jeux olympiques.
Attention, ces points ne sont pas éternels. D'après l'IJF, ils comptent à 100 % pendant douze mois, à 50 % les douze mois suivants, puis disparaissent. Un athlète ne peut donc pas vivre sur un bon résultat ancien.
Ce que le circuit a changé dans le judo de haut niveau
Avant le World Tour, un athlète de l'élite faisait quelques grands rendez-vous par an. Aujourd'hui, un titulaire d'équipe nationale enchaîne plusieurs tournois par saison, sur plusieurs continents. Les conséquences se voient sur le tapis.
Les adversaires se connaissent par cœur. Deux judokas du top mondial se sont souvent rencontrés plusieurs fois en deux ans, et chaque staff dispose de vidéos de tous leurs combats. Le travail d'analyse de l'adversaire est devenu une partie normale de la préparation, plus seulement une spécialité de quelques entraîneurs.
La gestion de la saison compte autant que le niveau. Un athlète qui veut garder ses points doit combattre régulièrement sans arriver épuisé aux mondiaux. Les staffs choisissent donc les tournois avec soin, en alternant gros rendez-vous et Grand Prix moins denses.
Enfin, le judo s'est standardisé. Les mêmes règles s'appliquent partout et les arbitres internationaux sont formés selon les mêmes consignes. Un combat à Tokyo et un combat à Paris se ressemblent davantage qu'il y a vingt ans.
Comment un Français entre sur le circuit
Il n'y a pas d'inscription individuelle, et le circuit est le dernier étage de la pyramide des niveaux de compétition. C'est la fédération nationale qui engage ses athlètes, sur proposition de la direction technique. Le chemin passe par les résultats nationaux (voir le championnat de France), les stages de l'équipe de France et les sélections juniors.
Notre conseil à un jeune qui rêve du circuit : regardez des combats de Grand Prix plutôt que des finales olympiques. On y voit des judokas de très haut niveau mais encore imparfaits, qui ratent des entrées et se font contrer. C'est beaucoup plus instructif pour progresser que les rares finales où tout est parfait.