Le Grand Slam Paris judo est l'héritier du Tournoi de Paris, créé en 1971 au stade Pierre-de-Coubertin et installé à Bercy depuis 2000. Il fait partie des Grand Slam du circuit IJF, le niveau juste sous le Masters et les championnats du monde. Pour beaucoup de judokas français, c'est le seul endroit où l'on voit l'élite mondiale en vrai.
Du Tournoi de Paris au Grand Slam Paris judo
L'histoire officielle racontée par la fédération internationale tient en quelques étapes :
| Année | Étape |
|---|---|
| 1971 | Première édition, au stade Pierre-de-Coubertin, hommes seulement, 5 catégories |
| 1979 | Passage à 7 catégories |
| 1988 | Entrée des catégories féminines |
| 2000 | Déménagement au Palais omnisports de Paris-Bercy, pour la 26e édition |
| 2002 | Le tournoi devient le Tournoi de Paris Île-de-France |
| 2009 | Premier Grand Slam du nouveau World Judo Tour de l'IJF |
| 2015 | Édition déplacée en octobre pour cause de travaux, et inauguration de la salle rénovée |
Le passage à Bercy a changé l'échelle de l'événement. Coubertin offrait une ambiance de gymnase géant, proche du tapis. Bercy a apporté les écrans, la lumière sur le tapis central et des tribunes beaucoup plus grandes.
Beaucoup d'anciens l'appellent encore « le Tournoi », sans préciser lequel. Dans les vestiaires de club, il n'y a pas d'ambiguïté.
Sa place dans le circuit IJF
Paris est un Grand Slam, donc un tournoi à 1 000 points pour le vainqueur dans le barème récent. Le fonctionnement complet est décrit dans l'article sur le circuit IJF World Tour. Sur le papier, il pèse autant qu'un autre Grand Slam. Dans les faits, il a longtemps été traité par les nations comme un rendez-vous à ne pas manquer, avec des tableaux très denses.
Son placement historique en début d'année civile lui donne un rôle particulier : beaucoup d'athlètes y font leur rentrée internationale. On y voit qui a bien travaillé pendant l'intersaison, et qui revient de blessure plus vite que prévu. Les points gagnés à Paris entrent ensuite dans le classement mondial.
Une ambiance que les athlètes citent
Demandez à un judoka étranger ce qui distingue Paris des autres Grand Slam. La réponse revient souvent au public. Bercy remplit ses tribunes avec des licenciés, des familles de clubs entiers venus en car et des enfants en survêtement de club. Ce public connaît le judo. Il applaudit une belle sortie de saisie et siffle une passivité.
Pour un athlète français, cette pression joue dans les deux sens. Elle porte quand le combat tourne bien. Elle pèse quand on est mené et que des milliers de personnes attendent une attaque. Il arrive que de jeunes sélectionnés se crispent sur leur premier combat à Bercy alors qu'ils étaient détendus en Grand Prix à l'étranger.
C'est une raison de plus pour y emmener des jeunes en tribune : ils comprennent que le haut niveau se joue aussi sur la gestion des émotions. Le sujet est traité dans notre article sur la préparation mentale en compétition.
Assister au tournoi : conseils de tribune
Beaucoup de clubs emmènent leurs athlètes à Bercy. Voici ce qui marche.
Venir pour les éliminatoires
Les blocs finaux sont spectaculaires, mais les éliminatoires du matin sont plus utiles pour un judoka. Plusieurs tapis tournent en même temps. Vous voyez des dizaines de combats, les échauffements en salle annexe visibles depuis certaines tribunes, et des athlètes moins connus qui font souvent le meilleur judo de la journée.
Choisir un tapis et s'y tenir
Le réflexe du débutant est de suivre l'écran géant. Résultat : on voit des projections au ralenti mais rien de la préparation. Choisissez un tapis et regardez le kumikata pendant trois ou quatre combats. Qui prend la manche en premier, qui casse la saisie, comment un gaucher gère un droitier. C'est là que le niveau mondial se voit.
Regarder une catégorie entière
Une autre méthode : suivre une catégorie du premier tour à la finale. Vous comprenez comment un favori gère ses premiers combats en économie, puis accélère. Pour un jeune compétiteur, c'est une leçon de gestion de journée bien plus parlante qu'un discours de coach.
Venir avec une question
Une bonne consigne pour chaque athlète du club : une seule question par journée. « Comment les lourds placent-ils uchi-mata contre un adversaire penché ? » ou « Combien de combats se terminent au sol ? ». On note les réponses sur un carnet et on en parle à l'entraînement suivant.
Ce que Paris apprend à un judoka de club
Le judo de Bercy n'est pas celui du dimanche au gymnase. Pourtant certains détails se transposent directement :
- l'intensité des premières secondes, où la plupart des athlètes cherchent la garde avant la projection ;
- le travail au sol immédiat après une chute non comptée, que beaucoup de clubs négligent ;
- la discipline des pénalités, que les meilleurs utilisent comme une arme.
Les dates et la billetterie sont annoncées chaque saison par la Fédération française de judo et l'organisateur. Ne vous fiez pas aux anciennes éditions pour planifier un déplacement.
Si vous ne devez voir qu'une compétition internationale dans votre vie de judoka, c'est celle-là. Prenez la journée entière, pas juste les finales, et repartez avec un carnet rempli plutôt qu'avec des photos. Pour remettre ce tournoi dans la pyramide complète, voyez les niveaux de compétition en judo.