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Lutte vs judo : règles, saisies et passerelles entre les deux

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
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Lutte vs judo, la différence se résume souvent à deux choses : le vêtement et les jambes. Le judoka porte un kimono qu'il saisit pour projeter et ne peut pas attaquer directement les jambes en compétition ; le lutteur combat en maillot, sans rien à saisir, et en lutte libre la saisie des jambes est au cœur du jeu. Les deux sports restent cousins, et les passerelles entre eux sont nombreuses.

Deux familles de lutte face au judo

En France, la lutte olympique se décline en deux styles, gérés par la Fédération française de lutte et disciplines associées.

La lutte libre autorise les attaques de jambes, les saisies sous la ceinture et l'usage des jambes pour faire chuter. C'est le style le plus proche d'un « judo sans kimono avec les jambes en plus ».

En gréco-romaine, le règlement interdit toute saisie sous la ceinture et toute action de jambe. Tout se joue sur le haut du corps : ceinturages, bras roulés, souplesses spectaculaires. Paradoxalement, c'est elle qui ressemble le plus au judo moderne, qui a lui aussi banni les saisies directes des jambes.

Le judo, lui, suit les règles de l'IJF en compétition internationale et de la FFJDA en France. Pour le détail des scores, voyez les règles du judo.

Les différences de règles qui changent tout

JudoLutte libreLutte gréco-romaine
TenueKimono et ceintureMaillot (singlet)Maillot (singlet)
Saisie des jambesPénaliséeAutoriséeInterdite
Victoire avant la limiteIpponTombé ou supériorité techniqueTombé ou supériorité technique
Clés et étranglementsOui (coude, étranglements)NonNon
Sortie de zonePénalité si volontairePoint pour l'adversairePoint pour l'adversaire

Ippon contre tombé

En judo, une projection nette sur le dos avec contrôle donne ippon et termine le combat d'un coup. En lutte, une belle projection rapporte beaucoup de points mais ne termine pas forcément le combat. La victoire immédiate s'appelle le tombé : maintenir les deux épaules de l'adversaire au tapis. On peut aussi gagner par supériorité technique, avec un écart de points fixé par le règlement.

Conséquence pratique : un judoka qui projette relâche souvent après l'impact, parce que l'arbitre arrête. Un lutteur, lui, suit son adversaire au sol pour l'empêcher de se retourner. C'est un réflexe qu'on aimerait voir chez beaucoup plus de judokas.

Le sol

Au sol, le judoka a peu de temps : si rien ne se passe, l'arbitre relève les combattants. Il cherche une immobilisation, une clé de coude ou un étranglement. Le lutteur n'a ni clé ni étranglement. Il cherche à retourner l'adversaire pour exposer son dos au tapis, et la défense consiste à rester à plat ventre, en appui sur les mains et les genoux.

Un judoka qui se met en tortue face à un lutteur découvre vite des retournements qu'il n'a jamais vus. Le lutteur, lui, découvre qu'au judo, la tortue tient moins longtemps quand on peut glisser un bras sous le menton.

La saisie

C'est la plus grande différence et celle qu'on sous-estime. En judo, le kumikata (travail de saisie) est une discipline en soi : on se bat pour la manche et le revers avant même de penser à projeter. En lutte, il n'y a pas de vêtement. On contrôle les poignets, la nuque, les bras par-dessus ou par-dessous (overhook, underhook). Le contact est plus direct et la sueur rend tout plus glissant.

Ce que la lutte apporte au judoka

Des générations de champions de judo venus de pays de tradition lutteuse l'ont montré : la lutte forge une base très solide. Concrètement, un judoka qui fait quelques mois de lutte gagne :

  • une position de hanches plus basse et plus stable ;
  • une défense instinctive contre les attaques de jambes, utile en sambo, en JJB et en MMA ;
  • un cardio de combat difficile à obtenir autrement ;
  • un pont (le bridge) qui sauve bien des immobilisations.

Certaines techniques du judo ont d'ailleurs un air de famille évident avec la lutte. Ura-nage ressemble à une souplesse, sukui-nage au ramassement de jambe, et kata-guruma au « fireman's carry » des lutteurs. Ces deux dernières ont dû être adaptées quand l'IJF a interdit les saisies directes des jambes.

Ce que le judo apporte au lutteur

Le lutteur qui découvre le judo apprend surtout le déséquilibre par la saisie et le timing des balayages. Un de-ashi-barai placé au moment exact où l'adversaire pose le pied n'a pas d'équivalent direct en lutte. Le kimono enseigne aussi à contrôler à distance, bras tendus, sans s'engager dans un corps à corps.

Il apprend aussi à chuter. Les lutteurs savent encaisser, mais les ukemi du judo leur évitent bien des chocs à l'épaule et à la nuque.

Passer de l'un à l'autre

Passer de l'un à l'autre est plus facile qu'entre la plupart des sports de combat. Le principal piège pour le lutteur en judo est la pénalité pour saisie de jambe, que les arbitres sanctionnent sans état d'âme. Pour le judoka en lutte, c'est l'absence de kimono : ses projections d'épaule et de hanche demandent une autre saisie, souvent un bras roulé ou un ceinturage.

Le sambo, d'ailleurs, occupe exactement l'espace intermédiaire : kimono court, saisies de jambes autorisées, clés de jambe en plus. Il est présenté dans cet article sur le sambo.

Notre conseil : si vous êtes judoka et que votre club de lutte local propose une séance ouverte, allez-y une fois par semaine pendant un trimestre. Vous perdrez des combats en lutte au début, vous en gagnerez davantage au judo ensuite. Pour comparer avec d'autres disciplines, le panorama quel sport de combat choisir donne une vue d'ensemble.

Questions fréquentes

La lutte ou le judo, lequel est le plus dur physiquement ?

La lutte est souvent jugée plus éprouvante pour le cardio et la force-endurance, parce que la pression ne s'arrête presque jamais. Le judo sollicite davantage la préhension et le dos à cause du travail en kimono.

Un lutteur peut-il faire du judo ?

Oui, et il progresse vite debout grâce à sa base et à son travail de hanches. Il doit apprendre à saisir le kimono et perdre le réflexe de plonger sur les jambes, pénalisé en judo.

Quels sont les styles de lutte olympique ?

La lutte libre, où l'on peut saisir et attaquer les jambes, et la lutte gréco-romaine, où les prises sous la ceinture sont interdites. Les femmes luttent en libre aux Jeux.

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