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Histoire du jiu-jitsu brésilien : de Maeda aux Gracie et à l'UFC

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
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L'histoire du jiu-jitsu brésilien commence avec un judoka japonais, Mitsuyo Maeda, installé au Brésil dans les années 1910. Il enseigne à Carlos Gracie, qui transmet à ses frères, dont Hélio. La famille adapte la méthode pour qu'un combattant léger puisse dominer au sol, la prouve dans des défis contre d'autres styles, puis la fait connaître au monde en 1993 lors du premier UFC. Une partie de ce récit reste discutée par les historiens, et il vaut mieux le savoir.

Maeda, le judoka voyageur

Mitsuyo Maeda est formé au Kodokan, l'école fondée par Jigoro Kano. Au début du XXe siècle, il part à l'étranger avec d'autres judokas pour faire connaître la méthode. Il passe par les États-Unis, l'Europe, l'Amérique latine, et affronte lutteurs et boxeurs dans des défis souvent payants. On le connaît sous le surnom de « Conde Koma ».

À l'époque, hors du Japon, le judo est encore souvent appelé « jiu-jitsu ». Ce flou de vocabulaire explique le nom de la discipline brésilienne, et la confusion actuelle avec le ju-jitsu japonais.

Maeda s'installe au Brésil vers le milieu des années 1910, dans le nord du pays, à Belém. C'est là qu'il rencontre la famille Gracie.

Carlos Gracie et la transmission

Carlos Gracie suit l'enseignement de Maeda à l'adolescence. La durée et l'intensité de cet apprentissage font débat : certains historiens estiment qu'il a été court et que Carlos a aussi appris auprès d'élèves de Maeda. Ce qui est sûr, c'est que Carlos transmet ensuite à ses frères et ouvre une académie à Rio de Janeiro au milieu des années 1920.

D'autres élèves de Maeda ont formé leurs propres lignées. La plus connue passe par Luiz França puis Oswaldo Fadda, qui a enseigné dans les quartiers populaires de Rio. Le JJB n'est donc pas qu'une affaire de famille, même si les Gracie ont dominé son récit.

Hélio et le travail par les leviers

Hélio Gracie, le plus jeune et le plus frêle des frères, ne peut pas compter sur la force. Selon le récit familial, il retravaille les techniques pour les rendre efficaces sans puissance : leviers plus longs, positions plus patientes, utilisation de la garde depuis le dos. On lui attribue souvent la paternité du style, ce que d'autres membres de la famille ont nuancé.

Ce qui distingue réellement l'école Gracie à cette époque, c'est la logique de combat réel. La famille lance des défis publics contre des représentants de tous les styles. Les résultats servent de publicité.

1951 : Hélio contre Kimura

Le combat le plus célèbre de l'époque oppose Hélio Gracie au judoka japonais Masahiko Kimura, au stade Maracanã de Rio. Kimura est plus lourd, plus jeune, et c'est l'un des meilleurs judokas de son temps. Il projette Hélio à plusieurs reprises, puis le contrôle au sol et lui applique un ude-garami (enroulement du bras). Hélio refuse de taper. Son coin jette l'éponge pour éviter une blessure plus grave.

Les pratiquants de JJB ont gardé le nom du vainqueur pour cette clé : la kimura. Que la défaite d'Hélio soit racontée comme une preuve de courage dit beaucoup sur la culture de la discipline.

Les années de développement au Brésil

De 1950 à 1990, la discipline grandit au Brésil. La génération suivante, avec notamment Carlson et Rolls du côté de Carlos, puis Rickson et Royler du côté d'Hélio, l'enseigne. Elle la confronte aussi à d'autres styles dans des combats de vale tudo (« tout est permis »). Le sport de compétition se structure peu à peu, avec des règles aux points proches de celles d'aujourd'hui.

Le système de ceintures se fixe sur les couleurs qu'on connaît : blanche, bleue, violette, marron et noire. Il n'a rien à voir avec les couleurs de ceinture du judo, et son fonctionnement actuel est détaillé dans les ceintures de JJB.

1993 : l'UFC 1 change tout

Rorion Gracie, fils d'Hélio, s'installe aux États-Unis et cofonde un tournoi sans catégorie de poids ni presque aucune règle. En novembre 1993, à Denver, se tient le premier UFC. Son frère Royce, mince et en kimono, soumet ses trois adversaires de la soirée, tous plus lourds. Les spectateurs découvrent qu'un combattant au sol peut battre un boxeur ou un lutteur plus massif.

L'effet est immédiat. Des académies de JJB ouvrent partout, et tous les combattants de MMA doivent désormais apprendre à se défendre au sol. Le lien entre les sports de préhension et le MMA est analysé dans judo et MMA.

La structuration sportive

La Confédération brésilienne de jiu-jitsu est créée au milieu des années 1990 à l'initiative de Carlos Gracie Jr. La fédération internationale, l'IBJJF, suit au début des années 2000. Elle organise les championnats du monde et fixe le règlement que suivent aujourd'hui la majorité des tournois. Le barème et les techniques interdites sont détaillés dans les règles IBJJF.

Ce que cette histoire dit de la pratique actuelle

Deux héritages se lisent encore sur les tapis. Le premier, c'est l'obsession de l'efficacité contre résistance : en JJB, on combat à chaque cours. Le second, c'est l'idée que le plus petit peut gagner s'il est patient et bien placé, ce qui explique la place centrale de la garde.

Si vous enseignez, racontez cette histoire avec ses nuances, Luiz França compris. Vos élèves y gagneront une idée plus juste de ce qu'ils pratiquent, et ils se méfieront des récits trop simples, ce qui est une bonne habitude sur un tapis comme ailleurs. Pour situer la discipline aujourd'hui, la page jiu-jitsu brésilien fait le tour du sujet.

Questions fréquentes

Qui a inventé le jiu-jitsu brésilien ?

Personne seul. Mitsuyo Maeda a enseigné le judo au Brésil, Carlos Gracie l'a transmis à sa famille, et Hélio Gracie l'a adapté au combat au sol par les leviers.

Qui était Mitsuyo Maeda ?

Un judoka japonais formé au Kodokan de Jigoro Kano. Il a voyagé à travers le monde en combattant dans des défis avant de s'installer au Brésil.

Qui a gagné le premier UFC ?

Royce Gracie, en 1993. Il a soumis tous ses adversaires, plus lourds que lui, ce qui a fait connaître le jiu-jitsu brésilien dans le monde entier.

Pourquoi la kimura s'appelle-t-elle ainsi ?

Elle porte le nom du judoka Masahiko Kimura, qui a battu Hélio Gracie en 1951 avec cette clé d'épaule, appelée ude-garami au judo.

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