Les règles du JJB les plus utilisées sont celles de l'IBJJF, la fédération internationale de jiu-jitsu brésilien. On gagne par soumission, sinon aux points : 2 points pour une amenée au sol, un balayage ou un genou sur le ventre, 3 pour un passage de garde, 4 pour la montada ou la prise de dos. Les avantages et les pénalités départagent les égalités, et la liste des techniques autorisées dépend de l'âge et de la ceinture.
Le barème des points JJB
| Action | Points |
|---|---|
| Amenée au sol (takedown) | 2 |
| Balayage (sweep) | 2 |
| Genou sur le ventre | 2 |
| Passage de garde | 3 |
| Montada | 4 |
| Prise de dos avec crochets | 4 |
Chaque position doit être stabilisée trois secondes pour compter. Quand un combattant enchaîne plusieurs positions dans un même mouvement, l'arbitre attend la stabilisation finale et accorde les points de chaque étape.
Quelques subtilités changent les combats.
Le balayage suppose de partir de la garde : c'est un renversement depuis le dessous, pas n'importe quelle inversion de position. La prise de dos exige les deux crochets, c'est-à-dire les pieds placés à l'intérieur des cuisses de l'adversaire. Un bras autour du cou et un seul crochet ne suffisent pas. Les cas particuliers sont nombreux dans le livre de règles, et c'est lui qui fait foi.
Les détails techniques de chaque position se trouvent dans nos fiches sur le passage de garde, la montada et la prise de dos.
Les avantages
Un avantage récompense une action presque aboutie : un balayage stoppé à mi-chemin, un passage de garde manqué de peu, une soumission qui a vraiment mis l'adversaire en danger. Il ne s'additionne pas aux points. Il sert uniquement à départager deux combattants à égalité.
Dans les faits, beaucoup de combats de ceinture blanche se jouent sur un avantage. C'est frustrant, mais c'est logique : celui qui a menacé davantage gagne.
Les pénalités
L'IBJJF distingue plusieurs niveaux de fautes. Les fautes graves (technique interdite, comportement violent) mènent directement à la disqualification. Les fautes ordinaires, comme la passivité ou le fait de fuir le combat, se cumulent selon une échelle progressive :
- Première pénalité : elle est notée, sans effet sur le score.
- Deuxième : un avantage pour l'adversaire.
- Troisième : 2 points pour l'adversaire.
- Quatrième : disqualification.
La passivité est la pénalité la plus fréquente. Tirer la garde sans contact, reculer sans arrêt ou tenir une position sans chercher à progresser suffisent à la déclencher. Le livre de règles évolue régulièrement, donc relisez-le avant un tournoi.
Durée des combats par ceinture
| Ceinture (adultes) | Durée |
|---|---|
| Blanche | 5 minutes |
| Bleue | 6 minutes |
| Violette | 7 minutes |
| Marron | 8 minutes |
| Noire | 10 minutes |
Les catégories masters (à partir de 30 ans) et les catégories jeunes combattent moins longtemps. Il n'y a pas de prolongation : en cas d'égalité totale, l'arbitre tranche.
Techniques interdites selon le niveau
C'est le point qui inquiète le plus les débutants. Le tableau officiel IBJJF classe les interdictions par âge et par ceinture. Voici les lignes qui concernent les adultes.
| Technique | Blanche | Bleue et violette | Marron et noire (gi) | Marron et noire (no-gi) |
|---|---|---|---|---|
| Clé de poignet | Interdite | Autorisée | Autorisée | Autorisée |
| Clé de cheville droite | Autorisée | Autorisée | Autorisée | Autorisée |
| Clé de genou, toe hold | Interdite | Interdite | Autorisée | Autorisée |
| Cisaillement biceps ou mollet | Interdit | Interdit | Autorisé | Autorisé |
| Clé de talon (heel hook) | Interdite | Interdite | Interdite | Autorisée |
| Slam, ciseau volant, clé de colonne | Interdits | Interdits | Interdits | Interdits |
Deux règles spécifiques aux ceintures blanches : il est interdit de sauter en garde fermée quand l'adversaire est debout, et de comprimer les reins ou les côtes avec les jambes croisées en garde fermée.
Chez les moins de 16 ans, la liste s'allonge : la guillotine frontale, le triangle avec traction de la tête, l'omoplata et la clé de cheville droite sont notamment interdits jusqu'à 15 ans.
Les erreurs qui coûtent un premier combat
Sur les tournois, les mêmes fautes reviennent chez les ceintures blanches.
Tirer la garde sans saisie, d'abord. Le geste paraît anodin, mais il expose à une pénalité dès la première minute. Prenez un col ou une manche avant de vous asseoir.
Autre classique : relâcher une position avant les trois secondes. Le passage était propre, l'adversaire bouge, on le suit trop tôt et l'arbitre ne compte rien.
Reste la passivité en fin de combat. Mener d'un avantage et reculer pendant la dernière minute, c'est s'exposer à des pénalités qui peuvent inverser le résultat. Mieux vaut continuer à chercher un passage, même prudemment.
Ce qui diffère du judo
Un judoka qui lit ces règles remarque vite l'essentiel : la projection ne termine rien. Un ippon parfait vaut 2 points, comme un balayage depuis la garde. À l'inverse, une immobilisation au sol n'a pas de compte à rebours comme l'osaekomi (immobilisation) des règles du judo. On peut tenir la montada une minute sans gagner, il faut ensuite soumettre ou garder l'avance.
Se préparer à un tournoi
Pour votre premier tournoi, connaissez trois choses par cœur : votre durée de combat, les techniques interdites à votre ceinture, et le fait que tirer la garde est permis mais pénalisé s'il n'y a pas de saisie. Le reste viendra en combattant. Notre article sur la première compétition de JJB couvre la pesée et la logistique, et la page jiu-jitsu brésilien replace les règles dans la discipline.
Le conseil tactique : en blanche, ne courez pas après les avantages. Cherchez un passage de garde propre, stabilisez trois vraies secondes, puis comptez-les à voix basse si nécessaire. Chaque saison, des débutants perdent des points qu'ils avaient gagnés, simplement parce qu'ils ont bougé trop tôt.