Le judo femme se pratique dans la quasi-totalité des clubs, le plus souvent en cours mixtes, avec une seule différence de tenue : un t-shirt blanc sous la veste. En compétition, les femmes combattent entre elles, par catégorie de poids, et le judo féminin est olympique depuis Barcelone 1992. Pour le reste, le programme technique et les grades sont identiques.
Une histoire qui a dû forcer la porte
Jigoro Kano a accepté des élèves femmes au Kodokan de son vivant. Mais pendant longtemps, la pratique féminine est restée à part, souvent cantonnée aux katas et tenue à l'écart des compétitions.
L'histoire de Rusty Kanokogi résume bien cette époque. Cette Américaine de Brooklyn a participé à la fin des années 1950 à un tournoi masculin à New York, cheveux coupés court et poitrine bandée. Son équipe a gagné, puis on lui a retiré sa médaille quand on a découvert qu'elle était une femme. Elle a ensuite passé des décennies à militer pour le judo féminin. Elle a organisé le premier championnat du monde féminin en 1980 à New York et poussé pour l'entrée aux Jeux.
Le judo féminin apparaît en démonstration à Séoul en 1988, puis devient discipline officielle à Barcelone en 1992. Notre article sur le judo aux Jeux olympiques retrace la suite, et celui sur l'histoire du judo remonte aux débuts.
Judo femme en club : comment se passent les cours mixtes
Dans un club classique, il n'y a pas de cours réservé aux hommes. Tout le monde s'échauffe ensemble, répète ensemble, et le randori (combat d'entraînement) se fait avec des partenaires variés.
La question du gabarit revient souvent chez les débutantes. Faire randori avec un homme de 90 kg quand on en pèse 58 est déroutant au début. Un bon partenaire adapte sa force, et un bon professeur organise les rotations pour que chacun croise des gabarits proches. Ces randoris contre plus lourd sont pourtant précieux. Ils obligent à travailler le déplacement et le timing plutôt que la force. Beaucoup de judokas légères développent ainsi une technique très fine.
Certains clubs proposent aussi des créneaux féminins, souvent pour lancer la pratique chez des adultes qui n'osent pas franchir le pas. C'est une bonne porte d'entrée. Mais les progrès viennent plus vite quand on varie les partenaires, donc mieux vaut rejoindre le cours mixte dès qu'on s'y sent prête.
Enfin, certaines femmes arrivent au judo avec une motivation de défense personnelle. Le judo apprend à garder son équilibre face à quelqu'un de plus lourd et à se relever après une chute, ce qui est déjà beaucoup. Nous en parlons plus en détail dans l'article sur le judo et la self-défense.
La tenue : ce qui change pour les femmes
Le judogi est le même pour tout le monde. La seule différence réglementaire est le t-shirt porté dessous.
| Élément | Règle courante |
|---|---|
| Sous la veste | t-shirt blanc à manches courtes ou body blanc, sans motif visible |
| Cheveux longs | attachés avec un élastique sans partie métallique |
| Bijoux | aucun, ni boucles d'oreilles ni piercings |
| Judogi | même coupe et mêmes règles que pour les hommes |
En compétition, le t-shirt blanc est obligatoire et contrôlé. Renseignez-vous sur le règlement de la fédération pour le détail selon le niveau. Pour le choix du kimono lui-même, voyez notre guide pour bien choisir son kimono de judo. La question des judogis bleus est traitée à part dans l'article sur le judogi blanc et bleu.
Un détail pratique que les débutantes découvrent sur le tapis : une veste de judo s'ouvre en permanence pendant le randori. Le t-shirt évite d'avoir à s'en soucier. Les brassières de sport sans armature métallique sont les plus confortables pour les chutes.
La compétition féminine
Les femmes combattent par catégorie de poids, comme les hommes. Au niveau international, il y en a sept : -48 / -52 / -57 / -63 / -70 / -78 / +78 kg. Le détail par âge et par niveau figure dans notre guide des catégories de poids au judo.
La durée des combats et les règles d'arbitrage sont les mêmes que chez les hommes. Les scores (ippon, waza-ari) et les pénalités ne changent pas, comme l'explique notre article sur les règles d'arbitrage du judo.
Une remarque utile : dans beaucoup de régions, les tableaux féminins sont moins fournis, surtout chez les adultes. Cela veut dire moins de combats par tournoi, mais aussi la possibilité d'accéder plus vite à des niveaux régionaux ou nationaux. À l'inverse, on retrouve souvent les mêmes adversaires. Bien les connaître devient alors un avantage, et notre article pour analyser un adversaire au judo donne une méthode.
Santé et cas particuliers
Pendant une grossesse, la question de poursuivre ou d'arrêter ne se tranche pas sur un forum : parlez-en à votre médecin, qui connaît votre situation. Les chutes et les contacts au ventre font du judo une activité à discuter très tôt.
Pour la gestion du poids avant une pesée, la prudence s'impose pour tout le monde. Évitez les régimes express et lisez notre article sur la perte de poids et le judo avant de viser une catégorie inférieure.
Le conseil à retenir pour les débutantes
Choisissez votre club en regardant le tapis, pas la plaquette. Venez observer un cours adulte et comptez les femmes présentes, toutes ceintures confondues. S'il y a déjà quelques ceintures colorées et une ou deux ceintures noires, vous trouverez des partenaires de votre gabarit et des modèles à suivre. Si vous êtes seule, ce n'est pas rédhibitoire, mais parlez-en au professeur dès le premier soir pour qu'il organise les rotations en conséquence.