Pour choisir un kimono de judo, trois critères comptent : le grammage (le poids et l'épaisseur du tissu), la coupe et la taille, généralement exprimée en centimètres d'après la taille du pratiquant. Un débutant prend un modèle léger ou intermédiaire. Un compétiteur s'oriente vers un double tissage conforme au règlement de son niveau, et vers un modèle labellisé IJF pour les compétitions internationales.
Petite précision de vocabulaire : au Japon et dans les règlements, on parle de judogi. « Kimono » est l'usage courant en France, et les deux désignent la même tenue.
Kimono judo : comprendre le grammage et le tissage
Le grammage s'exprime en grammes par mètre carré. Plus il est élevé, plus le tissu est épais, lourd et difficile à saisir. Chaque fabricant a ses chiffres, mais on retrouve trois familles.
| Famille | Sensation | Pour qui |
|---|---|---|
| Léger (simple tissage fin) | souple, sèche vite, se déchire plus facilement | enfants, éveil judo, taïso |
| Intermédiaire | bon compromis entre confort et solidité | débutants et pratiquants réguliers |
| Lourd (double tissage) | épais, rigide au début, difficile à saisir | compétiteurs, judokas qui s'entraînent beaucoup |
Ce double tissage n'est pas un luxe réservé aux champions. Sa raideur rend la saisie plus difficile pour l'adversaire, et il résiste mieux aux tractions répétées. En revanche, il est lourd, chaud et met longtemps à sécher. Pour un enfant de 6 ans, c'est un mauvais choix.
Notre avis : un adulte qui s'entraîne deux fois par semaine sans faire de compétition n'a pas besoin d'un double tissage. Un intermédiaire de bonne qualité durera des années.
La coupe : ce qu'il faut regarder
Une veste de judo doit être assez longue pour couvrir les cuisses et assez ample pour laisser de l'espace entre le bras et la manche. Les manches doivent descendre jusqu'au poignet. Le col (eri) est épais et rigide sur les modèles de compétition, plus souple sur les modèles d'entraînement.
Le pantalon descend jusqu'à la cheville et se règle avec un cordon. Méfiez-vous des pantalons trop courts après lavage : c'est souvent le premier élément à rétrécir.
Les coupes varient d'un fabricant à l'autre. Certains taillent plus ample, d'autres plus ajusté. Si vous avez une morphologie particulière, très grand et mince ou petit et costaud, essayez avant d'acheter quand c'est possible.
Choisir la taille selon sa taille en cm
En France, la plupart des judogis sont étiquetés en centimètres : 150, 160, 170, 180 et ainsi de suite. Le chiffre correspond approximativement à la taille du pratiquant. Un adulte de 175 cm regardera donc les tailles 170 et 180.
Les règles à appliquer :
- entre deux tailles, prenez la supérieure si le judogi n'est pas prérétréci ;
- pour une forte corpulence, montez d'une taille pour l'ampleur de la veste ;
- pour un enfant en croissance, une taille au-dessus suffit, pas deux, sinon il se prend les pieds dans le pantalon.
Vous trouverez les cas particuliers et les tableaux de correspondance dans notre article sur la taille de kimono de judo.
Le rétrécissement, la mauvaise surprise
Un judogi en coton peut perdre plusieurs centimètres au premier lavage, surtout en longueur de manches et de pantalon. Certains fabricants vendent des modèles prérétrécis, c'est-à-dire déjà traités. L'étiquette ou la fiche produit l'indique en général.
Pour limiter les dégâts, lavez à basse température, sans sèche-linge, et séchez à plat ou sur cintre. Les conseils complets sont dans notre article pour laver son kimono de judo. Un judogi acheté pile à la bonne taille et lavé à 60 degrés risque de devenir trop court en quelques semaines.
Les normes IJF pour la compétition
En compétition, le judogi est contrôlé. Les règles de la Fédération internationale de judo (IJF) imposent notamment des manches qui couvrent le poignet, un croisement suffisant des pans de la veste au niveau de la ceinture et des dimensions précises pour le col. Les contrôleurs utilisent un gabarit de mesure appelé sokuteiki. Les femmes portent un t-shirt blanc sous la veste, comme l'explique l'article sur le judo féminin.
Pour les compétitions internationales officielles, le judogi doit porter un label d'homologation IJF. Pour les compétitions régionales et nationales, les exigences varient selon le niveau. Renseignez-vous auprès de votre club ou dans le règlement de la fédération avant d'investir. Les questions de couleur sont traitées dans notre article sur le judogi blanc et bleu.
Un judogi trop serré ou trop court peut valoir une demande de changement de tenue, voire des sanctions. C'est une raison de plus pour bien choisir sa taille. Les principes généraux sont rappelés dans les règles du judo.
Kimono de judo ou kimono de JJB ?
Ce sont deux tenues différentes. Le gi de jiu-jitsu brésilien est plus court, plus ajusté et renforcé aux genoux pour le travail au sol. Il existe en plusieurs couleurs autorisées. La veste du judogi est plus longue et plus ample, car la saisie du tissu est au cœur du judo debout.
Pour un pratiquant des deux disciplines, deux tenues distinctes restent la meilleure solution. Notre article sur le kimono de JJB détaille les spécificités côté brésilien.
Que choisir selon votre profil
Pour un enfant qui débute, un judogi léger, une taille au-dessus, et rien de plus. Il le salira, l'usera et le dépassera en deux saisons.
Un adulte débutant prendra un intermédiaire, prérétréci si possible. Pour un compétiteur régional, un double tissage adapté au règlement de son niveau, et un deuxième judogi pour alterner pendant que le premier sèche. Pour un compétiteur international, aucun choix : un modèle homologué IJF.
Un dernier conseil, valable pour tous : avant de couper l'étiquette ou de laver un judogi neuf, enfilez-le en entier et tendez les bras devant vous. Si les manches remontent déjà au-dessus du poignet, échangez-le tout de suite. Après le premier lavage, ce sera trop tard.