Pour laver un kimono de judo, la règle tient en peu de mots : à 30 °C, retourné, sans adoucissant, puis séché à l'air libre. Le sèche-linge est l'ennemi du coton et la première cause de kimono trop court. Et on le lave après chaque séance, sans exception, parce qu'un kimono humide qui attend dans un sac devient un problème d'hygiène pour toute la salle.
Pourquoi laver son kimono après chaque entraînement
Un kimono de judo absorbe la sueur de son propriétaire et celle de ses partenaires. Il frotte contre le tatami, qui voit passer des dizaines de pieds par jour. Les sports de saisie connaissent bien les infections de peau qui se transmettent par contact, comme certaines mycoses. Un kimono propre à chaque cours fait partie de la politesse du judoka, au même titre que les ongles coupés. Sur ce point, les professeurs ont raison d'être intransigeants.
Si vous vous entraînez deux jours de suite, deux kimonos valent mieux qu'un seul lavé en catastrophe la veille au soir. Le coton épais sèche lentement. Un kimono encore humide au moment d'aller au club sentira mauvais au bout d'un quart d'heure d'effort.
Laver un kimono de judo en machine : les bons réglages
La température
Le 30 °C suffit pour un kimono porté normalement. Monter à 40 °C de temps en temps peut aider pour un kimono très sale, mais au prix d'un rétrécissement un peu plus marqué. Au-delà, vous jouez avec la taille. Les premiers lavages d'un kimono neuf non prérétréci se font à froid si vous l'avez acheté juste à votre taille. Si vous l'avez pris un peu grand en comptant sur le rétrécissement, un premier lavage tiède l'ajustera. Notre article sur la taille de kimono de judo explique quelle marge prévoir.
Le programme et la lessive
- Retournez la veste et le pantalon pour protéger le tissage et les broderies.
- Programme coton doux ou synthétique, essorage modéré.
- Lessive classique en dose normale. Surdoser laisse des résidus qui raidissent le tissu.
- Pas d'adoucissant : il encrasse les fibres et finit par piéger les odeurs.
- Pas d'eau de Javel sur un kimono bleu. Sur un blanc, elle jaunit le coton à la longue plus qu'elle ne le blanchit.
Le cas du kimono bleu
Un kimono bleu neuf dégorge. Lavez-le seul les premières fois, sinon vos t-shirts blancs prendront une teinte ciel. Après quelques lavages, la couleur se stabilise. Si vous possédez les deux couleurs pour la compétition, les règles sur le judogi blanc et bleu précisent quand on porte l'un ou l'autre.
Le séchage : là où tout se joue
Le kimono se sèche à l'air libre, étendu à plat ou suspendu sur un cintre large. Évitez de le plier en deux sur un fil fin : le revers garde une marque et sèche mal à cet endroit. Le revers est la partie la plus épaisse, c'est elle qui retient l'eau le plus longtemps.
Au soleil direct, un kimono blanc ne risque rien. Pour un bleu, il finit par délaver la teinte, donc préférez l'ombre. Le radiateur fonctionne mais durcit le coton.
Quant au sèche-linge, la réponse courte est non. Un seul cycle à chaud peut faire perdre plusieurs centimètres aux manches. Si vous n'avez vraiment pas le choix, un programme basse température sur un kimono déjà presque sec limite les dégâts.
Les odeurs qui ne partent plus
Un kimono qui sent encore après lavage a presque toujours la même histoire : il est resté humide dans un sac fermé. Les bactéries ont eu le temps de s'installer dans l'épaisseur du revers.
Pour le récupérer, faites-le tremper une heure dans de l'eau froide avec un verre de vinaigre blanc, puis lavez-le normalement. Un peu de bicarbonate dans le tambour aide aussi. Si l'odeur revient dès la séance suivante, c'est la routine qu'il faut changer. Sortez le kimono du sac en rentrant, même si vous ne le lavez que le lendemain.
Le sac lui-même mérite un lavage régulier. Un sac humide recontamine un kimono propre. Notre liste pour préparer son sac de compétition inclut d'ailleurs une poche séparée pour le kimono porté.
La ceinture qu'on ne lave pas : tradition ou mauvaise idée ?
La tradition dit qu'on ne lave pas sa ceinture, pour ne pas « effacer » le travail accompli. On raconte aussi que les ceintures noires étaient autrefois des ceintures blanches noircies par les années. C'est une belle image. Elle relève de la légende plus que de l'histoire du système des couleurs de ceintures.
Notre avis : une ceinture touche le tatami, les mains de l'adversaire et votre sueur. Elle se lave. Pas à chaque séance, ce serait inutile et elle s'abîmerait vite, mais régulièrement, à la main ou en machine à froid dans un filet. Une ceinture neuve et très rigide s'assouplit aussi au lavage, ce qui facilite le nœud de ceinture des débutants.
La règle du « jamais lavée » se défend comme un symbole. Elle ne se défend pas comme pratique d'hygiène dans un club où des enfants partagent le même tapis.
Kimono de JJB : mêmes principes, contraintes en plus
Les pratiquants de jiu-jitsu brésilien passent plus de temps au sol, face contre le tapis. Leur kimono se lave avec la même routine. Les gis de JJB sont souvent plus fins au pantalon, et les écussons cousus supportent mal les lavages chauds. Le guide sur le kimono de JJB détaille les différences de coupe et de tissu.
Le conseil à retenir pour les familles
Achetez deux kimonos dès la deuxième saison si l'enfant s'entraîne plus d'une fois par semaine. Le second n'a pas besoin d'être neuf : beaucoup de clubs organisent des bourses aux kimonos à la rentrée. Vous gagnez la tranquillité d'un kimono toujours sec, et le premier vieillit deux fois moins vite.