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Oreille en chou-fleur : causes, prévention, quand consulter

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20266 min de lecture
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L'oreille en chou-fleur est la déformation qui apparaît quand un hématome de l'oreille, appelé othématome, n'a pas été traité à temps. Le sang accumulé sous la peau finit par durcir et le cartilage se déforme. On la rencontre surtout en lutte, en judo, en jiu-jitsu brésilien et en MMA. Une oreille qui gonfle après un entraînement doit être montrée rapidement à un médecin : c'est la seule façon d'avoir une chance d'éviter la déformation.

Ce qui se passe sous la peau

L'oreille externe est faite d'un cartilage recouvert d'une fine membrane, le périchondre, puis de la peau. Le cartilage n'a pas ses propres vaisseaux sanguins : il est nourri par cette membrane.

Lors d'un choc ou d'un frottement appuyé, la peau et le périchondre se décollent du cartilage. Du sang ou un liquide clair s'accumule dans l'espace créé. L'oreille devient alors molle, gonflée, chaude, souvent dans le creux du pavillon. Ce n'est pas toujours douloureux, et c'est bien le piège : beaucoup de pratiquants laissent passer quelques jours.

Privé de sa membrane nourricière, le cartilage souffre. L'épanchement peut s'organiser en tissu fibreux et durcir. Le relief de l'oreille disparaît, remplacé par cette surface bosselée qui a donné son nom à la blessure.

Pourquoi les sports de saisie sont concernés

En boxe, l'oreille prend des coups. Dans les sports de saisie, elle subit surtout des frottements répétés, ce qui est plus sournois.

  • En lutte, la tête est collée à celle de l'adversaire pendant de longues séquences. C'est le sport où l'oreille en chou-fleur est la plus fréquente.
  • En judo, les saisies au col et à la nuque frottent l'oreille contre la manche ou l'épaule. Les situations de ne-waza où la tête est bloquée contre le tapis font le reste. Le travail de kumikata avec une main qui tire la tête vers le bas y contribue.
  • En jiu-jitsu brésilien, le temps passé au sol est bien plus long. Les sorties de triangle, la pression de tête en passage de garde et les étranglements frottent l'oreille contre la jambe ou le kimono de l'adversaire. La comparaison JJB et judo montre bien cette différence de volume au sol.
  • En MMA, on cumule le sol, la lutte et les coups.

Le rugby connaît aussi ce problème, notamment dans les mêlées. La lutte et le JJB restent les champions. Les pratiquants qui viennent de la lutte le savent, comme l'explique notre comparatif judo et lutte.

Reconnaître un othématome

Les signes typiques apparaissent pendant l'entraînement ou dans les heures qui suivent :

  • un gonflement localisé de l'oreille, souvent dans le creux du pavillon ;
  • une sensation de mollesse ou de liquide sous la peau ;
  • une oreille chaude, rouge, parfois sensible au toucher ;
  • un relief de l'oreille qui s'efface.

À ce stade, la déformation n'est pas encore installée. C'est la fenêtre où la consultation a le plus d'intérêt.

Consulter vite : ce que le médecin peut faire

Seul un médecin peut confirmer le diagnostic et décider de la prise en charge. En règle générale, il cherche à évacuer l'épanchement puis à maintenir la peau collée au cartilage avec une compression adaptée, pour éviter que le liquide ne revienne. Il pourra aussi vous donner une consigne sur le délai avant de reprendre le combat.

Quelques points à retenir :

  • consultez dans les jours qui suivent, pas dans les semaines ;
  • un médecin généraliste, un médecin du sport ou un ORL peuvent vous recevoir ;
  • les récidives sont fréquentes si l'on reprend trop tôt sans protection ;
  • une oreille rouge, très douloureuse et fiévreuse après un drainage doit faire reconsulter sans attendre.

Disons-le franchement : ne vous drainez jamais l'oreille vous-même avec une seringue achetée en pharmacie, et ne laissez pas un partenaire de club le faire. On voit cette pratique circuler dans certains vestiaires. Le cartilage infecté est une complication sérieuse, bien plus grave qu'une oreille un peu déformée.

Prévenir l'oreille en chou-fleur

Le protège-oreilles

C'est la protection la plus efficace. Le casque de lutte, avec ses coques rigides, empêche le frottement direct. Beaucoup de pratiquants de JJB et de lutte le portent systématiquement à l'entraînement. En judo, on le voit moins, mais rien n'empêche d'en porter un en randori au sol si votre professeur l'accepte. En compétition, chaque discipline a son règlement : renseignez-vous avant.

Le protège-oreilles est recommandé à tout pratiquant qui a déjà eu un premier othématome. La seconde fois arrive vite, et sur une oreille déjà fragilisée.

Les habitudes au sol

Quelques ajustements limitent les frottements :

  • évitez de forcer une sortie en tirant la tête contre la cuisse ou le kimono de l'adversaire ;
  • en garde, tournez légèrement la tête pour présenter la tempe plutôt que l'oreille ;
  • tapez tôt sur un étranglement en triangle plutôt que de vous débattre la tête coincée ;
  • signalez à votre partenaire une oreille sensible, un bon partenaire adapte sa pression.

Notre fiche sur le triangle en JJB montre d'ailleurs pourquoi cette position abîme si souvent les oreilles de celui qui la subit.

Écouter les premiers signes

Une oreille qui chauffe et gonfle légèrement après une séance est un avertissement. Arrêter le travail au sol quelques jours et consulter coûte peu. Continuer à frotter coûte souvent une oreille.

Une marque d'honneur, vraiment ?

Dans certains milieux de la lutte et du JJB, l'oreille en chou-fleur passe pour un signe de sérieux. L'image se comprend, pas l'argument. Une oreille déformée ne vous rend pas meilleur. Elle peut gêner pour porter des écouteurs ou un casque, et certains pratiquants la vivent mal sur le plan esthétique. Une chirurgie de correction existe, mais c'est une démarche lourde, à discuter avec un spécialiste.

Pour le reste des pépins fréquents sur le tapis, notre dossier sur les blessures en judo fait le tour des zones à surveiller. Et si vous enchaînez les séances de sol, pensez à la récupération entre les entraînements : une oreille irritée a besoin de repos comme une épaule.

Le conseil à retenir pour un débutant

Achetez un protège-oreilles dès que vous faites plus de deux séances de sol par semaine, surtout en JJB. Ne le gardez pas au fond du sac. Et la première fois que votre oreille gonfle, prenez rendez-vous le jour même chez un médecin plutôt que d'attendre de voir si « ça passe ». C'est la décision qui sauve le plus d'oreilles.

Questions fréquentes

Comment se forme une oreille en chou-fleur ?

Un choc ou des frottements répétés décollent la peau du cartilage de l'oreille. Du sang s'accumule entre les deux : c'est l'othématome. Non traité, il peut durcir et déformer l'oreille de façon définitive.

Faut-il aller chez le médecin pour une oreille gonflée ?

Oui, et rapidement. Un médecin peut évacuer l'épanchement et poser une compression adaptée. Plus on attend, plus le risque de déformation permanente augmente.

Peut-on drainer soi-même son oreille en chou-fleur ?

Non. Le geste exige des conditions stériles et une compression bien faite, sinon le risque d'infection du cartilage est réel. C'est un acte médical.

Les protège-oreilles sont-ils efficaces ?

Ils réduisent nettement les frottements et les chocs à l'entraînement. Leur usage en compétition dépend du règlement de chaque discipline.

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