Hajime et matte sont les deux commandes de judo que tout le monde entend en premier : hajime lance le combat, matte l'interrompt. Autour d'elles, l'arbitre utilise une dizaine de mots japonais liés chacun à un geste précis. Ils servent à gérer les immobilisations, les arrêts sur place et la fin du combat. Les connaître permet de suivre un combat sans regarder le tableau.
Vous trouverez ici la traduction, la prononciation approximative en français et le geste réglementaire. Le reste du règlement est rassemblé dans notre guide des règles du judo.
Hajime, matte, sore-made : le rythme du combat
Hajime : commencez
Prononcez « a-dji-mé ». L'arbitre se tient entre les deux combattants, face à la table, puis annonce hajime. Pas de geste particulier. Le chrono part à ce moment-là. On l'entend au début du combat et après chaque arrêt.
Matte : attendez
On dit « mat-té ». L'arbitre lève une main à hauteur d'épaule, bras parallèle au tapis, paume ouverte vers le chronométreur. Le temps s'arrête. Il annonce matte quand les judokas sortent de la zone, quand le sol ne progresse plus, pour rajuster une tenue ou avant de donner une pénalité.
Une erreur fréquente chez les débutants : lâcher tout dès qu'ils croient entendre matte. Tant que l'arbitre ne l'a pas dit clairement, l'action continue. Des immobilisations se perdent ainsi sur un « matte » imaginé.
Sore-made : c'est terminé
Prononcez « so-ré ma-dé ». L'arbitre l'annonce à la fin du temps réglementaire, puis replace les judokas et désigne le vainqueur en tendant le bras vers lui, paume vers l'intérieur. Les combattants se saluent ensuite. La codification du salut est décrite dans notre article sur le rei.
Les commandes du travail au sol
Osaekomi : immobilisation
À prononcer « o-saé-ko-mi ». L'arbitre se penche vers les combattants, bras tendu vers eux, paume vers le bas. Le chrono d'immobilisation démarre. À 5 secondes, c'est yuko, à 10 waza-ari, à 20 ippon. Les techniques reconnues sont présentées dans notre page sur le katame-waza.
Toketa : sortie d'immobilisation
Prononcez « to-ké-ta ». Uke s'est libéré. L'arbitre tend le bras vers les combattants et l'agite rapidement de gauche à droite, deux ou trois fois. Le chrono d'immobilisation s'arrête et le score correspond au temps écoulé.
Sono-mama : ne bougez plus
Prononcez « so-no ma-ma ». L'arbitre se penche et touche les deux combattants. Ils doivent rester figés dans la position exacte où ils se trouvent. Il l'utilise surtout au sol, pour une raison médicale ou pour vérifier une tenue sans perdre la position acquise.
Yoshi : continuez
« Yo-chi » à l'oral. Ce mot relance après sono-mama, en touchant de nouveau les deux combattants. Beaucoup de judokas confondent yoshi et hajime : le premier reprend l'action figée, le second relance après une séparation.
Les annonces de scores et de pénalités
| Annonce | Geste |
|---|---|
| Ippon | Bras tendu au-dessus de la tête, paume vers l'avant |
| Waza-ari | Bras tendu sur le côté, à hauteur d'épaule, paume vers le bas |
| Yuko | Bras tendu en diagonale vers le bas, à environ 45° |
| Shido | Index pointé vers le fautif, poing fermé |
| Hansoku-make | Index levé au-dessus de la tête, puis pointé vers le fautif |
| Annulation | Main agitée au-dessus de la tête, de gauche à droite |
Pour le détail de chaque score, voyez notre page sur l'ippon. Pour les fautes, celle consacrée au shido.
L'arbitre peut aussi signaler un score par erreur et le corriger après échange avec les juges. Le geste d'annulation précède alors le bon geste. Rien d'anormal.
Quand l'arbitre arrête pour un soin
Une blessure ou un saignement interrompt le combat par matte, puis l'arbitre appelle le médecin. Depuis l'ajustement des règles IJF de janvier 2026, un judoka peut recevoir des soins à deux reprises au cours d'un combat. À la troisième, l'arbitre déclare l'adversaire vainqueur par kiken-gachi, sauf décision exceptionnelle d'une commission ad hoc. Un saignement doit être arrêté avant de reprendre : on ne combat pas en saignant.
Pour le public, ces arrêts paraissent longs. Ils font partie du travail de l'arbitre, qui doit aussi surveiller que le soin ne sert pas à gagner du temps de récupération.
Avant de donner une pénalité, l'arbitre annonce matte, replace les judokas, puis fait le geste du shido.
Hantei et autres mots qu'on n'entend plus
Hantei (décision) appartenait aux anciennes règles. À la fin d'un combat nul, l'arbitre et les juges levaient chacun un drapeau de couleur pour désigner le vainqueur. Le golden score sans limite de temps l'a fait disparaître des règles IJF. On peut encore l'entendre dans certaines animations pour enfants, selon le règlement local.
Kiken-gachi (victoire par abandon) et fusen-gachi (victoire par forfait, quand l'adversaire ne se présente pas) restent utilisés.
Comment apprendre ce lexique
Le plus efficace, c'est l'arbitrage en club. Faites arbitrer les randoris par les élèves à tour de rôle, avec les vrais mots et les vrais gestes. En trois séances, les enfants les retiennent mieux que n'importe quelle fiche. Les adultes y gagnent aussi : on comprend beaucoup mieux une décision quand on a dû la prendre soi-même. Pour aller plus loin dans le vocabulaire du dojo, consultez notre lexique du judo, et si l'arbitrage vous plaît, la page pour devenir arbitre décrit la filière.