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Entorse du genou au judo : LCA, LLI et reprise progressive

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20266 min de lecture
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L'entorse du genou au judo survient le plus souvent quand le pied reste planté dans le tapis pendant que le corps tourne ou reçoit un choc latéral. Les deux ligaments les plus souvent touchés sont le ligament croisé antérieur (LCA), au centre du genou, et le ligament latéral interne (LLI), sur sa face intérieure. Un craquement, un gonflement rapide ou un genou qui se dérobe imposent d'arrêter la séance et de consulter. Le reste de cet article explique les mécanismes et la reprise, sans remplacer l'examen d'un médecin.

Deux ligaments, deux mécanismes

Le ligament croisé antérieur

Le LCA empêche le tibia de glisser vers l'avant sous le fémur et contrôle les rotations. Il se rompt typiquement lors d'une torsion, genou légèrement fléchi, pied bloqué au sol. Le genou part vers l'intérieur pendant que le haut du corps tourne dans l'autre sens.

Au judo, cette configuration apparaît dans plusieurs situations de tapis :

  • l'attaquant en pleine rotation sur uchi-mata ou harai-goshi qui se fait contrer, la jambe d'appui encore chargée ;
  • le défenseur qui refuse la projection en restant debout sur une jambe, pied vissé au tapis ;
  • le judoka qui retombe sur ses pieds au lieu de chuter, genou en torsion.

Le point commun est le refus de lâcher. La jambe d'appui ne pivote plus, le reste du corps continue.

Le ligament latéral interne

Le LLI stabilise la face interne du genou. Il souffre quand une force pousse le genou vers l'intérieur. Un fauchage qui frappe la jambe d'appui au mauvais endroit, un adversaire qui tombe sur votre jambe tendue, un balayage mal placé : tout cela peut ouvrir le genou de ce côté.

Une jambe fauchée par o-soto-gari (grand fauchage extérieur) alors que tout le poids repose dessus et que le défenseur se raidit est un scénario classique. Les ménisques, ces petits amortisseurs entre fémur et tibia, peuvent être touchés en même temps lors des torsions.

Ce que le règlement fait déjà pour vos genoux

Certaines techniques ont été retirées du judo de compétition pour protéger les genoux. Le kani-basami, cette projection en ciseau qui tombe sur la jambe de l'adversaire, est interdit. Les clés sur les jambes le sont aussi en judo, alors qu'elles existent en jiu-jitsu brésilien selon les ceintures. Notre article sur les techniques interdites au judo fait le point.

Les signes qui doivent vous arrêter

Arrêtez la séance immédiatement si vous ressentez l'un de ces signes :

  • un craquement entendu ou ressenti au moment du traumatisme ;
  • un gonflement important dans les heures qui suivent ;
  • une sensation que le genou « lâche » ou se dérobe ;
  • une douleur vive sur la face interne ou à l'intérieur du genou ;
  • une impossibilité de tendre ou de plier complètement la jambe.

Une rupture du LCA peut être peu douloureuse après quelques jours. C'est trompeur. Beaucoup de pratiquants reprennent le randori, sentent le genou se dérober une deuxième fois et aggravent les lésions, ménisques compris. Même si la douleur s'est calmée, faites examiner votre genou.

L'avis médical : la seule étape non négociable

Consultez un médecin, idéalement un médecin du sport. Il examinera la stabilité du genou et prescrira si besoin une imagerie. Le traitement dépend de la lésion et de vos objectifs sportifs : rééducation seule, attelle, ou chirurgie dans certains cas de rupture du LCA. Ces décisions se prennent avec lui, pas sur un forum ni dans le vestiaire du club.

Ne laissez pas un calendrier de compétition dicter le traitement. Aucune médaille départementale ne vaut un genou instable à trente ans.

La reprise progressive

La reprise suit les étapes fixées par le médecin et le kinésithérapeute. Côté tapis, le professeur peut proposer une progression qui va du moins risqué au plus risqué :

ÉtapeContenu au judoCe qu'on évite encore
1Travail au sol en position stable, sans pivotsPositions à genoux en torsion
2Uchi-komi lents, partenaire coopératifRotation rapide sur la jambe blessée
3Nage-komi avec chutes contrôléesRandori libre
4Randori technique, partenaire choisiRandori de compétition
5Randori libre puis compétitionRien, si le feu vert est donné

Chaque passage d'étape se valide avec le soignant, en fonction des tests qu'il juge utiles. Les uchi-komi sont précieux à ce stade : ils permettent de retrouver la rotation et la confiance sans la brutalité du combat.

Une remarque personnelle : la peur de la rechute est souvent plus longue à guérir que le ligament. Beaucoup de judokas reviennent avec une technique amputée de leur côté fort. Parlez-en à votre professeur, et acceptez de reconstruire un spécial plutôt que de tourner autour.

Prévenir l'entorse du genou

Le renforcement

Des cuisses solides, des ischio-jambiers costauds et un bon contrôle de la hanche protègent le genou dans les torsions. Le travail d'équilibre sur une jambe aide aussi. Les programmes de musculation pour judokas et de préparation physique intègrent ce type d'exercices. Un kinésithérapeute peut vous proposer des exercices adaptés si vous avez déjà eu une entorse.

La chute plutôt que la torsion

C'est le point principal. Le judoka qui accepte de tomber garde ses genoux. Celui qui se bat jusqu'au bout sur une jambe les met en danger. Revoir régulièrement ses ukemi, même ceinture noire, n'est pas une perte de temps.

L'attaque engagée

Une attaque à moitié engagée laisse la jambe d'appui chargée et vulnérable au contre. Une attaque franche, bien préparée par le déséquilibre, expose beaucoup moins. Une raison de plus de travailler le kuzushi avant de forcer une rotation.

Pour une vue d'ensemble des autres zones fragiles, voyez notre dossier sur les blessures au judo.

Le conseil aux judokas qui reviennent

Choisissez vos partenaires de reprise vous-même pendant les premières semaines, et dites-leur ce que vous avez eu. Un partenaire informé contrôle sa chute sur vous et ne vous laisse pas tomber sur la jambe. Et le jour où vous hésitez à faire un randori, ne le faites pas : il y en aura d'autres.

Questions fréquentes

Comment savoir si on s'est rompu le ligament croisé au judo ?

Un craquement entendu ou ressenti, un gonflement rapide et une sensation que le genou se dérobe sont des signes d'alerte. Seul un examen médical, souvent complété par une imagerie, permet de le confirmer.

Combien de temps d'arrêt pour une entorse du genou au judo ?

Cela dépend entièrement du ligament touché et de la gravité, d'une entorse bénigne à une rupture qui peut nécessiter une chirurgie. Le délai est fixé par le médecin, pas par le calendrier des compétitions.

Peut-on continuer le judo avec une genouillère après une entorse ?

Une genouillère peut être proposée par le médecin ou le kinésithérapeute à certaines étapes de la reprise. Elle ne remplace ni la rééducation ni le feu vert médical.

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