règleswaza-ariarbitrage

Waza-ari au judo : critères, 10 secondes et deux waza-ari

Par Équipe JutrackPublié le 27 octobre 20265 min de lecture
Langue

Un waza-ari au judo récompense une projection presque parfaite ou une immobilisation tenue entre 10 et 19 secondes. Il ne termine pas le combat, sauf s'il s'agit du deuxième : deux waza-ari valent ippon. Dans les règles IJF en vigueur depuis 2025, il se situe entre l'ippon et le yuko, réintroduit à cette occasion.

C'est le score qui décide la majorité des combats de haut niveau. L'ippon franc reste rare face à un adversaire qui sait chuter et se tourner au dernier moment.

Les critères du waza-ari en projection

La définition actuelle tient en une phrase : uke tombe sur le dos de façon incomplète, ou sur le flanc avec l'axe des épaules incliné à plus de 90° par rapport au tapis. Autrement dit, il a nettement basculé vers le dos sans y atterrir à plat.

Concrètement, on donne waza-ari dans trois cas typiques :

  • uke tombe sur le dos mais la projection manque de force ou de vitesse ;
  • uke tombe en grande partie sur le dos, avec une épaule qui reste décollée ;
  • uke roule de façon continue sur le bas du dos ou d'une épaule à l'autre.

Ce qui sépare le waza-ari de l'ippon, c'est un critère manquant. Pour la liste complète de ce que l'arbitre veut voir, la page sur l'ippon au judo détaille la combinaison dos, force, vitesse et contrôle.

Face au yuko, la différence tient à l'angle. Si uke arrive sur le côté avec les épaules à peu près perpendiculaires au tapis, c'est yuko. S'il passe au-delà, vers le dos, c'est waza-ari. La différence se joue souvent en un éclair, et c'est pour ça que la vidéo sert autant.

Au sol : 10 secondes suffisent

L'arbitre annonce osaekomi dès que tori immobilise uke sur le dos avec une technique reconnue. Le chrono part. Si uke se libère entre 10 et 19 secondes, c'est waza-ari. Avant 10 secondes, depuis 2025, on obtient yuko à partir de 5 secondes.

Un détail qui coûte des combats : si vous avez déjà un waza-ari, tenir l'immobilisation 10 secondes suffit à gagner. L'arbitre arrête le combat à ce moment-là. Inutile de chercher les 20 secondes. Les immobilisations de base comme kesa-gatame ou yoko-shiho-gatame méritent d'être travaillées dans cette optique.

Trois situations de waza-ari typiques

Sur o-soto-gari, le waza-ari classique arrive quand uke pivote en tombant et touche d'abord avec l'épaule et le haut du flanc. Tori a fauché fort, mais le dos n'arrive pas à plat. Une demi-rotation de plus, et c'était ippon.

Avec seoi-nage, c'est souvent la vitesse qui manque. Tori charge uke sur le dos, s'arrête une fraction de seconde, puis termine. Uke tombe sur le dos, mais l'arbitre a vu la cassure du mouvement.

Au sol, le cas le plus fréquent est une immobilisation interrompue vers 12 ou 15 secondes, quand uke parvient à engager une jambe. Le score reste acquis même si tori perd ensuite la position.

Waza-ari awasete ippon

L'expression signifie à peu près « waza-ari réunis font ippon ». Quand un judoka marque son deuxième waza-ari, l'arbitre annonce « waza-ari awasete ippon » et le combat s'arrête.

Les deux waza-ari peuvent venir de sources différentes : un en projection, un en immobilisation. Ils peuvent aussi être marqués en golden score, même si dans ce cas le premier suffit déjà à gagner.

Comment la règle a bougé

Le waza-ari existe depuis les débuts du judo sportif, mais sa valeur a changé plusieurs fois.

PériodeCe qui change pour le waza-ari
Jusqu'en 2016Deux waza-ari = ippon. Le yuko existe en dessous.
2017Les waza-ari ne se cumulent plus. Le yuko disparaît et sa valeur passe au waza-ari.
2018 à 2024Retour du cumul : deux waza-ari = ippon. Seulement deux scores.
Depuis 2025Le yuko revient en dessous du waza-ari. Le waza-ari est redéfini comme plus qu'une chute sur le côté.

L'année 2017 a laissé un souvenir particulier. Sans cumul, un judoka pouvait marquer trois waza-ari et ne pas gagner avant la fin du temps. L'IJF a corrigé dès l'année suivante. Pour l'histoire des scores supprimés, voyez l'article sur le yuko et le koka.

Dernière évolution : en janvier 2026, l'IJF a précisé la frontière entre waza-ari et yuko, notamment pour les chutes sur une fesse ou sur le haut du dos, qui donnent yuko. Le règlement complet reste la référence en cas de doute.

Ce que le waza-ari change dans la tactique

Un waza-ari d'avance transforme le combat. Le judoka qui mène peut gérer, mais il s'expose à des shido pour passivité s'il cesse d'attaquer. Le règlement ne le protège pas : prendre trois shido reste une défaite, quel que soit le score. Les fautes à éviter dans cette situation sont listées dans la page sur le shido.

Celui qui est mené doit prendre des risques. C'est là qu'on voit des sutemi-waza tentés en désespoir de cause, ou des attaques au sol à la moindre ouverture. Beaucoup de combats basculent dans les trente dernières secondes sur une immobilisation de 10 secondes que personne n'attendait.

Pour le cadre général, revenez à notre guide des règles du judo.

Le conseil de l'arbitre

Si vous marquez souvent waza-ari sans jamais aller jusqu'à l'ippon, regardez vos vidéos au ralenti. Neuf fois sur dix, la main qui tire lâche trop tôt et uke a le temps de tourner l'épaule. Une seconde vérification : chercher la suite au sol après chaque waza-ari. Un judoka qui enchaîne systématiquement sur une immobilisation transforme beaucoup de waza-ari en victoires, parce que l'adversaire est encore désorganisé par la chute.

Questions fréquentes

Deux waza-ari font-ils un ippon ?

Oui. Deux waza-ari dans le même combat donnent waza-ari awasete ippon et mettent fin au combat. Cette règle n'a été suspendue que pendant l'année 2017.

Combien de yuko pour faire un waza-ari ?

Aucun nombre. Les yuko ne s'additionnent jamais pour faire un waza-ari. Un seul waza-ari bat n'importe quel nombre de yuko.

Combien de temps d'immobilisation pour un waza-ari ?

De 10 à 19 secondes d'osaekomi. À 20 secondes, l'arbitre annonce ippon.

À lire aussi

Tags
règleswaza-ariarbitrage