La demi-garde en JJB, c'est la position où vous êtes au sol et ne tenez qu'une jambe de votre adversaire entre les vôtres. Mal jouée, c'est l'antichambre du passage de garde. Bien jouée, avec l'underhook et le corps de profil, c'est l'une des gardes les plus dangereuses pour balayer.
Elle est souvent enseignée comme une garde de secours, celle où l'on finit quand la garde fermée a cédé. C'est une erreur de point de vue. Beaucoup de ceintures noires la choisissent volontairement, parce qu'elle donne un accès direct aux jambes et au dos de celui qui est au-dessus.
Demi-garde basse ou haute : deux jeux différents
On parle de demi-garde basse quand votre tête est au sol et que vous allez chercher sous l'adversaire. C'est le jeu de l'underhook, des balayages par le dessous et des sorties vers le dos. La demi-garde haute (ou demi-garde « classique » assise) se joue avec le buste relevé et une main qui contrôle le col ou la manche, plus proche de la logique d'une garde ouverte.
Pour un débutant, mieux vaut commencer par la basse. Elle se résume à une règle simple : ne jamais rester à plat sur le dos.
Il existe aussi la demi-garde profonde (deep half), où vous passez entièrement sous la jambe de l'adversaire. Elle est redoutable mais elle demande un bon sens de l'équilibre et une souplesse de hanche que peu de gens ont la première année. Gardez-la pour plus tard.
L'underhook : la clé de toute la position
L'underhook, c'est votre bras qui passe sous l'aisselle de l'adversaire, du côté de la jambe que vous tenez. Tant que vous l'avez, vous pouvez vous mettre sur le côté et attaquer. Dès que vous le perdez, l'adversaire vous écrase avec la tête et l'épaule (le fameux crossface) et vous passez la séance à défendre.
Concrètement :
- Votre épaule doit être sous son aisselle, pas sous sa poitrine.
- Votre tête reste collée à son flanc, jamais exposée côté tapis.
- Votre bras du dessous (côté sol) bloque sa hanche ou attrape son pantalon pour l'empêcher de monter.
- Vos jambes serrent sa jambe en « lockdown » ou en triangle simple, genou du dessus bien collé.
Le combat pour l'underhook se gagne dans la première seconde. Si votre partenaire a déjà le crossface, n'essayez pas de forcer le bras : revenez d'abord sur le côté avec un pont, puis glissez la main.
Trois balayages à connaître depuis la demi-garde
Le balayage par l'underhook (old school)
Avec l'underhook, vous vous mettez sur le côté et vous allez chercher la cheville de sa jambe libre avec votre main du bas. Vous poussez avec la tête et vous tirez la cheville vers vous. Il tombe sur le côté. C'est le balayage le plus ancien du répertoire et il marche toujours, surtout contre des gens qui posent leur poids vers l'avant.
La sortie au dos
Même départ, mais l'adversaire défend en reculant les hanches. Vous profitez de l'espace pour sortir la tête derrière lui, puis vous montez sur son dos. C'est souvent l'option la plus rentable, car la prise de dos rapporte plus de points qu'un balayage et ouvre l'étranglement.
Le balayage en ciseau depuis la demi-garde haute
En demi-garde haute, vous tenez son col et sa manche. Votre genou du dessus fait bouclier contre son ventre. Vous tirez la manche vers vous en poussant la jambe prisonnière avec votre jambe du bas. Ce balayage ressemble beaucoup à un balayage en ciseau depuis la garde fermée, avec une jambe en moins.
Côté passeur : comment écraser la demi-garde
Vous êtes au-dessus ? Le principe est inverse. Il faut aplatir l'adversaire sur le dos et lui enlever l'underhook.
- Gagnez le crossface : votre avant-bras passe sous son menton, votre main va chercher son épaule opposée. Sa tête regarde ailleurs que vers vous.
- Prenez vous-même l'underhook de son côté libre, ou contrôlez sa hanche.
- Pesez avec la poitrine. Votre poids passe par le haut de son torse, pas par vos genoux.
- Libérez la jambe prisonnière en la sortant avec le pied libre ou en reculant la hanche par petits coups.
L'erreur classique du passeur débutant : tirer sa jambe à deux mains en restant droit comme un i. Vous donnez de l'espace et il récupère la garde. Le passage se fait avec la poitrine, la jambe sort à la fin. Toutes les familles de passages sont détaillées dans notre article sur le passage de garde.
Une fois la jambe sortie, stabilisez le contrôle latéral trois secondes avant de penser à la montada. Beaucoup de passeurs perdent la position parce qu'ils enchaînent trop vite.
Les attaques à ne pas oublier
La demi-garde n'est pas qu'une position de balayage. De dessous, si l'adversaire pose sa main au sol pour se stabiliser, la kimura est là. Au-dessus, un passeur qui a le crossface peut aussi chercher un étranglement bras-tête quand le défenseur pousse avec le bras dans le mauvais sens.
Ce que le judoka retrouve en demi-garde
Pour un judoka, la demi-garde ressemble à la situation où l'on a une jambe emprisonnée en ne-waza : tant qu'elle est prise, l'immobilisation ne compte pas, et si elle se fait prendre pendant l'osaekomi, l'arbitre annonce toketa. En judo, le temps au sol est court et on cherche à sortir la jambe pour aller vers tate-shiho-gatame ou une immobilisation latérale. En JJB, vous avez tout le temps du monde, et l'adversaire de dessous aussi. C'est pour cela que les judokas sous-estiment souvent cette garde au début. Pour la vue d'ensemble des deux disciplines, voyez la page jiu-jitsu brésilien.
Le conseil pour vos prochains roulages
Faites une séance entière où vous démarrez chaque roulage en demi-garde de dessous, avec une seule consigne : ne jamais finir à plat sur le dos. Vous perdrez souvent au début. Au bout de trois ou quatre séances, vous sentirez quand l'underhook est gagné et quand il ne l'est pas, et cette sensation vaut plus que n'importe quel balayage appris par cœur.