Gi vs no-gi : en jiu-jitsu brésilien, la différence tient à la tenue et elle change presque tout. Avec le gi (le kimono), les revers et les manches servent de poignées, de leviers et d'armes d'étranglement. En no-gi, en rashguard et short, tout glisse. Le rythme accélère et le contrôle passe par la nuque, les bras et les hanches. Les deux pratiques partagent les positions, mais pas la manière de les tenir.
Ce que le tissu change sur le tapis
Le kimono ajoute de la friction et des prises. C'est l'écart qu'on sent dès le premier combat.
En gi, une saisie de manche bien placée peut figer un bras pendant une minute. Une garde ouverte se construit en tenant les manches ou les revers, et les jambes de l'adversaire s'enroulent dans les pans du pantalon. Le jeu est plus lent, plus tactique, presque chirurgical par moments.
Sans kimono, la sueur rend tout instable. On ne peut pas « s'accrocher » à un adversaire. On le contrôle par sa structure : sous-crochets, contrôle de nuque, de poignet, de tête. Les échanges sont plus courts et plus explosifs.
Les soumissions qui changent
Certaines techniques n'existent qu'avec le gi. Les étranglements au col, comme le cross collar choke depuis la garde fermée ou l'étranglement au revers depuis le dos, demandent du tissu. Les judokas les connaissent sous la forme d'okuri-eri-jime (étranglement par glissement du col).
D'autres prennent le dessus en no-gi. La guillotine y est redoutable parce que la tête sort moins facilement d'un bras sans manche. Le mata-leão reste la référence depuis le dos dans les deux tenues. Le triangle se place plus vite en no-gi et se défend moins bien quand le bras glisse.
Les règles IBJJF : ce qui diffère
Le barème de points est le même : 2 pour une amenée, un balayage ou un genou sur le ventre, 3 pour un passage de garde, 4 pour la montada ou le dos. La différence majeure concerne les jambes.
| Gi | No-gi | |
|---|---|---|
| Clé de cheville droite | Autorisée pour tous les adultes | Autorisée pour tous les adultes |
| Clé de genou, toe hold | Marron et noire | Marron et noire |
| Clé de talon (heel hook) | Interdite à tous | Autorisée en marron et noire adultes |
Le tableau officiel complet par âge et par ceinture figure dans les règles du JJB selon l'IBJJF. D'autres organisations de grappling autorisent les clés de talon bien plus tôt, ce qui change totalement la façon de jouer avec les jambes.
La tenue no-gi
Pour l'entraînement, n'importe quel rashguard et short sans poche ni fermeture suffisent. Évitez les shorts à poches zippées et les cordons qui pendent : un doigt s'y coince vite.
En compétition IBJJF, le règlement est précis. Le rashguard doit être moulant et couvrir le torse jusqu'à la ceinture du short, en noir, blanc ou noir et blanc, avec au moins 10 % de la couleur de ceinture. Un haut entièrement de la couleur de ceinture est aussi accepté. Le short descend au moins à mi-cuisse sans dépasser le genou, sans poche ni partie dure.
Côté gi, voyez notre guide du kimono de JJB.
Lequel choisir pour commencer
Notre avis est tranché : commencez en gi si votre club le permet. Le tissu ralentit les échanges, ce qui laisse au cerveau le temps de comprendre ce qui se passe. On apprend à contrôler par les prises, puis on découvre en no-gi qu'il faut contrôler sans. L'inverse est plus difficile.
Le no-gi a pourtant des arguments.
- Vous venez de la lutte ou du MMA : le no-gi prolonge vos réflexes.
- Vous voulez transposer en combat libre : le no-gi est plus proche, comme l'explique judo et MMA pour l'autre versant.
- Vous détestez la chaleur : un rashguard est plus supportable en été qu'un kimono gold weave.
L'idéal reste de pratiquer les deux, une séance de chaque par semaine si le planning du club le permet. Le gi rend votre no-gi plus précis. Le no-gi rend votre gi moins dépendant des saisies.
L'hygiène, un point souvent négligé
Le no-gi expose davantage la peau. Rashguard et short limitent le contact direct, mais les bras, les jambes et le visage frottent en permanence contre le partenaire et le tapis. Lavez votre tenue après chaque séance, douchez-vous rapidement après le cours, et ne venez pas avec une lésion de peau suspecte. Dans le doute, consultez un médecin avant de remonter sur le tapis.
Le judoka face au choix
Un judoka se sent chez lui en gi : il saisit, il chute, il sait tirer sur une manche. En no-gi, il perd la moitié de ses repères debout, parce que son kumikata (système de saisie) ne sert plus. C'est pourtant un excellent exercice pour un judoka : il force à travailler les hanches et le placement plutôt que les mains. Nous développons ce point dans JJB vs judo, et la discipline dans son ensemble est présentée sur notre page jiu-jitsu brésilien.
Dernier conseil d'entraînement : quand vous passez du gi au no-gi, gardez la même position de départ pendant un mois (par exemple la demi-garde) et notez ce qui ne marche plus sans tissu. Cette liste vous montrera quelles techniques reposaient sur la saisie et lesquelles reposaient sur une vraie compréhension de la position.